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mercredi, 30 mars 2011

Morne Câpresse – Gisèle Pineau

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C'est une jeune femme qui m'a conseillé cet auteur un soir d'été entre deux rayons du Virgin des Champs-Elysées. J'avais trouvé ça tellement sympa que j'avais aussitôt acheté le livre en question, Chair Piment, dévoré en quelques jours. J'avais adoré. Essai confirmé quelques mois plus tard avec La grande drive des esprits.

Ces romans m'avaient fait l'effet de lecture de « vacances » avec un je ne sais quoi en plus... J'ai récidivé cet hiver avec Morne Câpresse.

Passionnante, l'intrigue du roman croise plusieurs destins de femmes abîmées par la vie : drogue, alcoolisme, inceste, infidélité des hommes... Elles vivent toutes au sommet du Morne Câpresse, en Guadeloupe, sous la coupe de « mère Pacôme » fondatrice d'une sorte de congrégation. Le lecteur suit Line, débarquée dans cette communauté exclusivement féminine. A la recherche de sa petite sœur, elle questionne les « filles de Cham» et très vite on comprend que quelque chose ne tourne pas rond... Je vous laisse découvrir les lourds secrets qui pèsent sur ce gynécée.

Si j'ai tant aimé Morne Câpresse, c'est que Gisèle Pineau se sert de ces vies brisées pour brosser le portrait d'une Guadeloupe moins idyllique qu'il n'y paraît. C'est là tout l'intérêt de ses romans : plus que des histoires de femmes, ce sont de vraies questions de société qui sont à chaque fois abordées.

Écrit par Noémie dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : folio, gisèle pineau, guadeloupe, femmes |

lundi, 28 mars 2011

Auprès de moi toujours (Never let me go) - Kazuo Ishiguro

1377361973.jpgLorsqu’un film adapté d’un roman que je n’ai pas lu sort sur grand écran, je préfère toujours négliger l’adaptation cinématographique pour me plonger dans l’œuvre originale. J’ai pourtant failli enfreindre cette règle avec Auprès de moi toujours.

En effet, lorsque séduite par la bande-annonce, j’ai décidé d’aller voir le film, j’ignorais qu’il s’agissait d’une adaptation. Le hasard a voulu que je découvre le livre au détour d’un rayon avant de commettre l’irréparable. Et la magie du roman a opéré de la même manière que les images brièvement aperçues l’espace d’une bande-annonce.

Qui sont ces élèves qui grandissent dans l’internat paradisiaque qu’est Hailsham ? Pourquoi reçoivent-ils une éducation si particulière ? Pourquoi les conversations entre Kath, Ruth et Tommy, trois jeunes résidents de Hailsham, paraissent si étranges ? Quel secret les rend si différentes des discussions que pourraient avoir d’autres enfants du même âge?

A travers le récit du passage de l’enfance à l’âge adulte de ses trois héros, Kazuo Ishiguro raconte une histoire d’amour et d’amitié en apparence classique… Tout en nous laissant clairement entendre que les faits rapportés n’ont rien d’ordinaire.

Ce n’est qu’à la 259ème page que la réalité est clairement évoquée. Une vérité qui ne fait que renforcer le romantisme inhérent à ce livre et l’envie de connaître la fin de l’histoire. Fin que l’on devine inéluctable et pourtant ouverte à tous les possibles…

Écrit par Tamara Writes dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : auprès de moi toujours, never let me go, kazuo ishiguro, amour, amitié |

vendredi, 25 mars 2011

Un roman français – Frédéric Beigbeder

1282669745.jpgAu risque de me faire beaucoup d’ennemis, je choisis de le dire d’emblée : je n’ai pas aimé. Tellement pas aimé que je n’en ai pas terminé la lecture, ce qui est assez rare.

Je fais partie de ces rares personnes (en tout cas les mines désolées à chaque fois que je fais cet aveu me portent à le croire) à n’avoir pas lu 99 francs, ni rien d’autre de Frédéric Beigbeder, hormis ses articles dans Voici qui me faisaient bien rire. Un peu par choix (je ne suis pas très en phase avec le personnage dont le côté « dandy-chic-et-choc » me fatigue), beaucoup par hasard (je n’en ai jamais réellement eu l’occasion et il y a toujours eu un livre que je voulais lire avant). Mais je me suis souvent dit que j’avais tort, et qu’il fallait que je m’y attelle pour voir par moi-même de quoi il retournait. Quand Marion m’a proposé de me prêter Un roman français, qu’elle venait de terminer (elle avait beaucoup aimé, mais Marion aime beaucoup Frédéric Beigdeder), j’ai pensé que le moment était venu…

Il serait probablement faux d’écrire que mon sentiment réservé sur le personnage ne m’influençait pas négativement quant à ce roman, mais j’étais toute disposée à changer d’avis. Sauf que je n’ai pas changé d’avis, et que, au contraire, je me sens maintenant légitime dans ma critique (évidemment, je plaisante…).

Plus sérieusement, j’ai trouvé cette histoire (un quadra parisien, riche et coké, tente, à la faveur d’une nuit en garde de vue, de se remémorer - et donc de nous raconter - sa famille, ses valeurs et son enfance, oubliée) bavarde, nombriliste, décousue, prétentieuse (au bout du cinquième mot que je ne comprenais pas dans un même chapitre, j’ai renoncé à ouvrir un dictionnaire) et auto-complaisante. Peut-être que j’aurais dû insister jusqu’à la fin. Peut-être que je n’aurais pas dû commencer par Un roman français. Peut-être qu’on ne peut pas tous aimer Frédéric Beigbeder.

mercredi, 23 mars 2011

Intuitions - Dominique Dyens / la vidéo !

Une fois n'est pas coutume, nous vous faisons partager la vidéo de promotion d'un livre !

Les vidéos ou films d'animation deviennent de plus en plus des supports utilisés par les éditeurs ou les auteurs eux-mêmes. Je dois avouer que, lorsqu'ils sont réussis, ils représentent un véritable atout dans une stratégie de communication. Ils permettent de prolonger l'univers d'un livre en images et en mouvement (comme ici pour My Little Paris, ici pour Sois belle "mère" et tais toi ! ou encore ici pour Comme si de rien n'était), et dans le cas présent, à un auteur de s'exprimer et de parler de sa création.

Dans la vidéo d'Intuitions, on découvre le "pitch" de départ mais aussi l'univers du nouveau roman de Dominique Dyens, qui sort le 31 mars aux éditions Héloïse d'Ormesson. L'auteure nous parle de ses personnages, de ses références. Elle nous invite chez elle et on s'y sent déjà un peu chez soi.

Intuitions, c'est donc "l'histoire de deux familles qui n'auraient jamais dû se croiser". Cette vidéo m'a donné envie d'en savoir plus, et j'ai bien l'intention de le lire. Pas vous ?

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Auteurs, Littérature française, Thriller | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : dominique dyens, héloïse d'ormesson, famille, vidéo, mariage |

lundi, 21 mars 2011

Sukkwan Island - David Vann

Prix medicis étrangerSukkwan island couv medicis.jpgJe ne sais pas ce qui a pris à ma sœur de m'offrir ce livre monstrueux mais je lui en suis reconnaissante.

Là est tout le paradoxe de ce roman : cauchemardesque mais génial.

La quatrième de couverture (décidément) m'avait carrément rebutée. On y parle de "suspense insoutenable", de "drame violent et imprévisible", de "cauchemar" et des "ténèbres de l'âme humaine". De quoi fuir en courant pour ce qui me concerne !

Mais ce livre est un cadeau alors j'ai fait l'effort. Et je ne le regrette pas une seule seconde. Oui, l'histoire de ce père qui emmène son fils adolescent vivre un an dans une cabane isolée sur une île perdue d'Alaska est terrible. Oui, ce qu'ils vont vivre est au-delà de l'horreur. Mais David Vann nous raconte leur histoire avec tellement de prodige qu'on ne peut qu'admirer son talent.

L'auteur nous confronte avec la réalité complexe d'âmes en quête de sens, il nous fait goûter au froid et au vent de contrées sauvages et lointaines. Il nous embarque, il nous malmène.

Jetez-vous sur ce livre si vous vous en sentez capables, c'est un voyage qu'on n'oublie pas.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature étrangère, Prix littéraire, Thriller | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : éditions gallmeister, david vann, alaska, île, nature, horreur, famille |

vendredi, 18 mars 2011

L’Agneau – Christopher Moore

l'agneau.jpgC'est l'histoire de l'archange Gabriel à qui Dieu himself a confié la tâche divine de réveiller le meilleur pote de Jésus, Biff, de son sommeil éternel, pour qu'il complète les Evangiles, totalement muets sur la jeunesse de Jésus... C'est vrai quoi, qu'est-ce que Jésus a bien pu faire entre sa prime enfance et ses trente ans, quand il réapparaît sur les rives du Jourdain ?

Voilà donc cet improbable tandem rapatrié incognito sur terre et enfermé, de mauvaise grâce, dans une chambre d'hôtel de Manhattan où l'archange s'empiffre de pizzas et dévore autant de séries américaines (Dallas en tête) que de matchs de catch en attendant que Biff se décide à écrire ce cinquième Evangile. Ce que Biff va finir par faire, racontant l'amitié profonde qui l'a lié à Jésus (Joshua) pendant plus de vingt-cinq ans : premières bêtises, premiers miracles, premières amours (Marie-Madeleine, dite Maggie, au premier chef), premiers pèlerinages... jusqu'à la fin que l'on sait. Parce que Biff, en ami sincère et loyal, a toujours été aux côtés de Joshua, un peu pour tenter de l'aider à comprendre ce qu'impliquait d'avoir été désigné un beau jour comme étant le messie (de qui ? de quoi ?), mais aussi pour lui permettre de vivre, par procuration, ce que son statut particulier lui interdisait : l'opulence, les femmes, le sexe, la violence, les magouilles et autres petites arrangements avec la vie.

Irrévérencieux, irrespectueux, impertinent, décalé, ironique, drôle... les adjectifs ne manquent pas pour tenter de qualifier ce roman qui, malgré une apparente légèreté, repose sur de longues recherches historiques et théologiques. Il en est toutefois un qui s'impose aux autres : jubilatoire !

Une question demeure pourtant : pourquoi diable les Editions Folio l'ont classé dans la catégorie des policiers ?

mercredi, 16 mars 2011

On a testé l'OYO, merci twitter et saint Valentin

I live Oyo.jpgNous ne sommes pas des bêtes à concours, mais quand il s'agit d'amour, nous répondons toujours présentes !

C'est ce qui est arrivé avec le concours de déclaration d'amour en tweet organisé par @franceloisirs le jour de la saint Valentin. L'auteur de la plus belle déclaration remportait un OYO, nouveau lecteur numérique de France Loisirs avec chapitre.com. Et on a gagné ! 

Maintenons un peu de mystère, si vous voulez découvrir avec quel tweet nous avons gagné, regardez sur notre fil twitter @Lectrices_City en date du 14 février...

Il ne s'agit pas de faire ici un comparatif des lecteurs numériques, d'autres le font mieux comme par exemple ici. Par contre je peux vous faire un petit top - flop :

Les + : l'OYO est très agréable à la lecture, sa taille est optimale et il tient dans la poche de costume de Monsieur-mon-mari qui me l'a piqué, il a une autonomie hallucinante (2 semaines), on peut régler la police pour chaque livre de façon indépendante, il contient déjà 10 livres téléchargés et il est en wifi.

Les - : il est tellement sympa que Monsieur-mon-mari me l'a piqué justement, il est impossible de régler le contraste et... le prix des livres disponibles sur chapitre.com. Parce qu'acheter un livre à plus de 14 euros juste pour un ebook, c'est quand même un peu dur. En attendant que cela devienne abordable, c'est surtout l'occasion de lire ou relire les classiques que propose le Projet Gutenberg !

Qui n'a jamais rêvé d'avoir tout la Recherche du temps perdu dans sa poche ?

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Loisirs & culture, Pratique | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : ebook, oyo, livre numérique, france loisirs, chapitre.com |

lundi, 14 mars 2011

Anaïs - Michael Collado

anais.jpgJ'ai dégusté ce roman comme un dessert, en savourant chaque page, en faisant des petites pauses.

La quatrième de couverture m'avait pourtant un peu effrayée. Elle annonce l'histoire d'une fille mère indifférente à son fils, maîtresse effacée d'un homme très âgé, une femme trop belle et trop fière qui traverse la seconde moitié du XXème siècle avec mélancolie.

Mais j'ai fait confiance à la jaquette, que je trouve si jolie, si poétique. Et j'ai eu raison. Ce roman est une merveille de sensibilité. Le style de Michael Collado m'a séduite au-delà de mes espérances. Il est cruel mais apaisé, doux mais jamais suave, et surtout, surtout, il est remarquablement écrit. J'ai d'ailleurs retrouvé le goût de lire et relire des phrases, juste pour le plaisir...

L'histoire d'Anaïs, que l'on suit de sa naissance à sa mort, est présentée par petites touches, moment par moment, et j'ai eu le sentiment d'entrer un peu par hasard dans son intimité. On la découvre au fur et à mesure que des acteurs de sa vie nous parlent d'elle, lui écrivent, ou qu'elle-même écrive. De petite fille à femme, elle se dévoile, égoïste, attendrissante, perdue peut-être, mais toujours aimée, désirée, choyée.

Avec elle, on traverse les décennies dans le Paris des librairies et des galeries rue de Seine, on assiste aux veillées des morts de sa famille, on danse dans les bals d'été à Saint-Elme... On la suit sans la juger, jamais.

A présent, il ne me reste plus qu'à lire Saint-John Perse, dont la poésie sous-tend le roman de la première à la dernière page.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : michael collado, l'editeur, roman initiatique, poésie, enfance, jeunesse, femme |

vendredi, 11 mars 2011

Mygale – Thierry Jonquet

Mygale.jpgRichard Lafargue est un chirurgien-plasticien de renom. Il séquestre Eve, jeune femme à la beauté parfaite, dans sa grande propriété du Vésinet. Vincent a été enlevé il y a quatre ans, un soir de fin d'été sur une route de campagne. En tuant un jeune flic père de famille, Alex est passé du statut de petit malfrat à celui criminel activement recherché.

Richard, Eve, Vincent et Alex sont les quatre personnages de ce roman polyphonique noir, très noir, qui plonge le lecteur dans un cauchemar. Quatre personnages que le lecteur va lentement découvrir, à coups d'informations aussi inattendues que sombres, distillées avec une inquiétante parcimonie. Quatre personnages dont le lecteur va peu à peu comprendre qu'ils sont liés par l'horreur. Et comme souvent dans les romans policiers, en tout cas ceux qui sont réussis, je ne peux pas en dire plus sans en dire trop...

Je peux en revanche ajouter que le récit de Thierry Jonquet est court, précis, percutant, presque imagé tant le ton est juste (on imagine sans peine une adaptation à l'écran). Si les ressorts et la construction de l'intrigue proprement dite ne révolutionnent pas le genre (flashbacks, dénouement final qui éclaire l'ensemble de l'histoire, scènes étouffantes, ton haletant), ils fonctionnent à la perfection. En revanche, le soin manifeste apporté à la psychologie des personnages fait basculer ce roman dans la cour de ceux qui poursuivent le lecteur longtemps après qu'il en ait lu la dernière page.

Mygale, choisi au hasard, était le premier roman de Thierry Jonquet que je lisais. Il ne sera évidemment pas le dernier (Moloch ?).

Écrit par Mélanie dans Policier, Thriller | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : thierry jonquet, folio, thriller, psychologie, chirurgie, crimes |

mercredi, 09 mars 2011

Le Top 4 du mois de février 2011 !

ciel ouvert.png

Désormais une habitude, que dis-je, une institution (roulements de tambours) : voici notre top 4 du mois de février 2011 !

L'éclectisme était au rendez-vous, nous vous laissons juges...

Tamara

La Théorie de la Contorsion - Margaux Motin

 

Marie-Adélaïde

Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary Ann Shaffer & Annie Barrows

 

Mélanie

Purge - Sofi Oksanen

 

Noémie

La Guerre des banlieues n'aura pas lieu - Abd Al Malik

 

Et pour annoncer nos lectures de mars, voici quelque vers de Théophile Gautier, appris en classe de neuvième il y a...bien longtemps :

"Tandis qu'à leurs oeuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps".

 
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