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vendredi, 30 septembre 2011

Les Mystères de Paris – Eugène Sue

eugène sue,gallimard,paris,destins,passions,complots,xixème siècle,histoireS’il ne m’est pas souvent arrivé de ne pas terminer un livre, même si sa lecture me coûtait (question d’orgueil mal placé probablement, quoiqu’il n’y ait plus d’orgueil qui tienne après quatre-vingt pages de descriptions dans La Peau de chagrin), je n’avais encore jamais abandonné une histoire que je trouve fascinante. C’est pourtant ce que j’ai fait avec Les Mystères de Paris, ancêtre du roman-feuilleton. Malgré un récit prenant et rocambolesque, fourmillant de personnages hauts en couleurs dans le Paris glauque à souhait de 1838, j’ai déclaré forfait. Et je crois que la principale raison de ce (très) lâche abandon réside dans les 1300 pages (grand format et petits caractères) que compte le livre… Il aurait fallu que j’y consacre les trois prochains mois, et cette perspective ne m’enchantait pas tant les livres que j’ai envie de lire sont nombreux. S’y ajoute une langue et un style qui ont beaucoup vieilli, requérant une attention soutenue, ce qui s’accommode mal de mes envies de légèretés estivales. Et en plus, le format du livre déformait mon sac ! Pour autant, j’y reviendrai très certainement.

Je rapporte tout de même ici des propos de Théophile Gautier que je n’ai aucune peine à croire. Il disait en effet que « […] Des malades ont attendu pour mourir la fin des Mystères de Paris ; le magique La suite à demain les entraînait de jour en jour, et la mort comprenait qu’ils ne seraient pas tranquilles dans l’autre monde s’ils ne connaissaient le dénouement de cette bizarre épopée ».

mercredi, 28 septembre 2011

Le ventre de maman - Sophie Lebot

Ventre de maman Sophie Lebot.gifOn m'avait parlé du Ventre de maman quand j'étais enceinte de mon second fils. Je cherchais un moyen de préparer mon aîné à l'arrivée de son frère...

Au départ, l'histoire de ce garçon qui s'inquiète parce que ça maman devient bizarre et grosse ("elle a avalé un ballon, c'est sûr !") l'avait laissé indifférent. Pire, il m'évitait dès que je voulais la lui lire (il me voyait venir, avec mes gros sabots). 

Et puis un jour, il y a eu le déclic. Tous les jours il fallait que je lui lise, il allait le chercher tout seul. Aujourd'hui encore, alors qu'ils ont 4 et 2 ans, il me le demande régulièrement.

Il faut dire que Le ventre de maman met le doigt sur les incompréhensions ("mais pourquoi tout le monde trouve normal ce qui arrive à maman ?"), les pulsions ("j'ai voulu dégonfler le ventre de maman avec mon épée de bois, mais elle était fâchée"), et les besoins de se rassurer ("maman m'a dit que son cœur grossissait en même temps que son ventre").

Je suis très contente d'avoir Le ventre de maman sous la main pour désamorcer les jalousies inévitables qui pointent leur nez de temps en temps. Parce que comme il est écrit à la dernière page, "c'est chouette d'avoir un p'tit frère".

Vous avez aimé ce livre ? Alors vous aimerez Grosse Colère !

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sophie lebot, lito, jalousie, éducation, grossesse, enceinte, petit frère |

lundi, 26 septembre 2011

Le Goût des pépins de pomme - Katharina Hagena

Gout-des-pepins-de-pomme.jpgUn très joli livre sur la puissance du souvenir.

Quand Iris hérite de la maison de sa grand-mère, elle ne songe d'abord pas à la garder. Mais la maison de Bertha est à elle seule une énorme madeleine de Proust. A chaque porte, chaque robe, chaque pommier, Iris retrouve un peu de la vie d'antan. Sa grand-mère Bertha, sa mère et ses tantes, sa cousine, son amie et elle, ont empli la maison et son jardin de leurs rires, de leurs rêves et de leurs secrets. Des générations de femmes qui ne se comprennent plus aujourd'hui.

Iris plonge dans ses souvenirs à corps perdu, sans réaliser ce qui l'attend. Elle tente de remonter le fil de son histoire et elle découvre les tabous et les non-dits qui la jalonnent. Car Le Goût des pépins de pomme est aussi un livre sur l'oubli, celui de la maladie et celui que l'on s'impose, parce que la vérité est trop dure ou pas assez convenable.

Chaque page de ce livre est imprégnée de senteurs (pommes boscop ou cox orange, baies, lupins, romarin...) et ce coin de campagne dans l'Allemagne du Nord est si charmant qu'il me réconcilie avec les souvenirs que j'en avais. L'auteure (qui a les connaissances d'un herboriste, ou du moins d'un jardinier), ne nous épargne en effet aucune plante, aucune essence d'arbre, de mousse ou de fleur. 

C'est un livre à lire si possible dans une maison de famille ! C'est ce que j'ai fait, et je pense que mon plaisir en a été décuplé.

Si vous aimez ce livre, vous aimerez aussi Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : katharina hagena, Éditions anne carrière, famille, maison, souvenir, enfance, mémoire |

vendredi, 23 septembre 2011

Lipstick Jungle - Candace Bushnell

Livre de poche, Candace Bushnell, femme, pouvoir, argent, amourDu fin fond de ma campagne vendéenne, alors que ma seule préoccupation était de savoir si le temps me permettrait d’aller à la plage, j’ai lu Lipstick Jungle

J’étais en vacances, je voulais une lecture facile… ça a été le cas. Le style de Candace Bushnell est efficace, on tourne les pages sans aucune difficulté.

Mais bon… Je n’ai pas du tout accroché avec l’intrigue : en gros, la vie de Nico, Wendy et Victory, trois new-yorkaises parmi les 50 femmes les plus puissantes de New-York. Et les pauvres chéries sont tellement riches que ça en devient difficile avec les hommes… Wendy a un mari trop intéressé. Victory trouve un mec plus fortuné qu’elle, et vous comprendrez bien que c’est compliqué à gérer. Nico a un jeune amant, ce qui lui pose des problèmes existentiels (tromper c’est vraiment pas bien, surtout avec plus jeune que soi). Un questionnement moral qu’elle n’a plus du tout dès qu’il s’agit de travail, puisqu’elle écrase tout ce qui bouge (surtout des hommes) pour pouvoir gravir les échelons.

Loin de moi l’idée de remettre en cause le « girl power » mais j’ai trouvé ça cliché et superficiel. Je suis vraiment passée à coté de ce roman. Ces histoires de nanas quadragénaires m’ont vite saoulée, presque irritée. Comme quoi, en vacances, la « chick lit » n’est pas forcément une valeur sûre.

Écrit par Noémie dans Chick Lit', Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : livre de poche, candace bushnell, femme, pouvoir, argent, amour, new-york |

mercredi, 21 septembre 2011

Quelques lignes avec... Jesse Kellerman (Les visages, Jusqu'à la folie)

En attendant de vous parler de son roman Jusqu'à la folie (Mélanie est en train de le lire), voici un petit compte rendu de l'interview que j'ai pu faire de Jesse Kellerman à la rencontre organisée par sa maison d'édition Les deux terres et par Hachette. Y étaient rassemblés des blogueurs littéraires comme Sophie (Sophielit) ou encore Catherine (le blog du polar).

jesse kellerman,interview,photo,les deux terres,hachetteL&C : votre écriture a-t-elle changé à présent que vous avez un fils ? Je fais notamment référence aux meurtres d'enfants dans Les visages...


JK : à vrai dire mon écriture a changé sur deux plans. D'abord mon emploi du temps n'est plus le même et ma façon de travailler à changé. Ensuite du point de vue artistique et thématique, rien ne remplace l'expérience vécue, cela donne plus de profondeur. Je ne me sentais pas légitime pour parler d'enfant avant et d'ailleurs aucun de mes personnages n'en avait. J'avais peur que ça sonne faux. Dans mon prochain livre, cela se verra. Enfin, moi je le perçois, mais il sera intéressant de voir si mes lecteurs le verront, eux.

L&C : que lisez-vous ?

JK : je lis de tout. Pour mes recherches je lis des essais et des documents. Pour mon plaisir, je cherche avant tout la beauté de la langue, une belle écriture. Ce qui m'enthousiasme c'est de découvrir une langue qui est belle d'une façon nouvelle et innovante. Je suis très attaché au theatre, d'ailleurs, qui est une forme d'écriture très spécifique, tournée entièrement vers la langue. De la musique avec des mots. J'aime Nabokov, Hemingway, Ruth Rendall. Les voix uniques qui ne ressemblent pas à ce qu'on voit à la télévision.

L&C : quel est le livre que vous auriez rêvé d'avoir écrit ?

JK : Pale fire de Nabokov. Un poème irréel. Mais je suis plus attiré par les auteurs en eux-mêmes que par des livres en particuliers. Je cherche la voix d'un auteur, et quand je la trouve, je lis tout ce qu'il a écrit. C'est comme une histoire d'amitié.

Au final, j'ai trouvé Jesse Kellerman ouvert, sympathique et très jeune. Je n'ai jamais été une grande fan de polars (contrairement à Mélanie), le sang, l'angoisse, très peu pour moi. Mais un auteur de polar, c'est finalement très fréquentable !

PS : vous m'avez trouvée sur la photo ? (au premier rang sont assis Barbara et Jesse Kellerman et la traductrice de Jusqu'à la folie, Julie Sibony). Merci à Catherine pour la photo.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Auteurs, Quelques lignes avec... | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : jesse kellerman, interview, photo, les deux terres, hachette |

lundi, 19 septembre 2011

L’Appartement témoin – Tatiana de Rosnay

Appartement Témoin Tatiana de Rosnay.jpgQuelques semaines après les impressions de Marie-Adélaïde sur Rose, j'ai terminé la lecture d'un autre roman de Tatiana de Rosnay, L’Appartement témoin. Ce livre m’a laissé un sentiment étrange.

Il ne s’agit pas d’un roman fantastique et pourtant, il est question de fantômes. Mais pas tout à fait non plus… Le héros est tantôt narrateur, tantôt décrit à la troisième personne du singulier… Et la fin est si inattendue, que l’on se demande si toute cette histoire est réelle.

Qui est l’auteur ? Qui est le narrateur ? Tatiana de Rosnay nous emporte au rythme de Mozart pour mieux nous perdre dans les tourments d’un quinquagénaire divorcé, père d’une jeune femme d’une vingtaine d’années. De Paris à New-York, en passant par Londres, la campagne anglaise, puis Venise, on se demande comment le simple fait d’emménager dans l’appartement témoin d’un immeuble neuf puisse autant inviter au voyage. J’ai été emportée par ce tourbillon, mais la fin m’a laissée une profonde frustration, car je n’ai pas eu la réponse que je cherchais avec tant d’avidité.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : tatiana de rosnay, j’ai lu, divorce, amour, fantôme, mozart, voyage, quête, paris |

vendredi, 16 septembre 2011

La Solitude des nombres premiers – Paolo Giordano

La solitude des nombres premiers.jpgNous évoquions il y a quelques mois les adaptations cinématographique de romans. J’expliquais alors que fréquentant peu les salles obscures, je voyais peu d’adaptations. En revanche, les bandes-annonces me donnent souvent envie de courir en librairie. Ainsi, de même que la bande-annonce m’avait convaincue d’acheter le livre Auprès de moi toujours (Never let me go) de Kazuo Ishiguro, la bande-annonce du film La Solitude des nombres premiers m’a poussée à lire ce best-seller de Paolo Giordano.

La Solitude des nombres premiers… Un titre curieux, aussi étrange que le comportement d’Alice et Mattia. Ces deux adolescents que tout sépare sont liés, sans même s’en rendre compte, par une douleur muette qui les ronge depuis l’enfance. Leur détresse silencieuse touche au point que l’on souhaite les protéger, les pousser à briser la barrière qui les maintient à distance des autres… En vain.

Deux êtres tourmentés, écorchés dans leur âme et dans leur chair, seuls à pouvoir se comprendre et pourtant incapables de pénétrer leur isolement mutuel… C’est beau, c’est simple, c’est poignant.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : paolo giordano, points, amitié, amour, solitude, douleur, italie |

lundi, 12 septembre 2011

La Couleur des sentiments - Kathryn Stockett

jacqueline chambon,kathryn stockett,segregation,racisme,60s,amérique kennedy,mississipi,jacksonJe savais que j'allais adorer ce livre, alors je le réservais depuis 3 mois pour mes vacances. Je l'attendais. Je l'ai dévoré en quelques jours. 

Le sujet principal, c'est celui du racisme et de la ségrégation raciale de l'Amérique des années 60. Pire, dans le Mississipi des années 60. Les bonnes noires versus les maitresses blanches et leurs bébés blancs. Les lois Jim Crow, les lynchages, les injustices, les préjugés, la souffrance, la peur et l'espoir du changement. Aussi l'amitié et le respect de certains, et surtout l'affection réciproque, profonde et inoubliable des bonnes pour "leurs" bébés.

Mais au-delà du racisme (mot qui n'est d'ailleurs écrit qu'une seule fois dans le livre, tant il est une norme), c'est la question de la différence entre deux personnes qui se pose. Sur quoi repose-t-elle ? La couleur, la situation sociale, les croyances, le sexe ?

Que se passe-t-il dans la tête de ces enfants lorsque leur regard change ? Lorsqu'ils acceptent la "limite" qui leur fait voir leur nounou d'un autre œil, qu'ils voient la "différence" entre blancs et noirs ?

Ce roman tisse des liens entre nous et ses personnages, il nous amène à les comprendre dans leurs choix et leurs contradictions. Ils sont dans leur jus, avec leurs rêves et leurs œillères. 

Ce retour aux années 60s, puritaines à souhait, m'a fait frémir. Au delà de la ségrégation, et au travers du quotidien de ces femmes (ce sont elles les héroïnes du roman), on découvre l'hypocrisie des rapports hommes-femmes à l'époque. Serait-il envisageable aujourd'hui de cacher une fausse couche à son mari ou son conjoint, parce que "ça ne se fait pas" ? Déni mis à part, évidemment.

J'ai été captivée par le ton (3 points de vues s'alternent : deux bonnes noires et une jeune femme blanche), l'intrigue (c'est un vrai page turner !) et les personnages très attachants (Aibileen et Minny surtout) de La Couleur des sentiments.

vendredi, 09 septembre 2011

Long week-end - Joyce Maynard

joyce maynard, 1018, etats-unis, adolescenceJe ne connaissais pas Joyce Maynard, c’est  la sortie médiatique de Et devant moi le monde l’année dernière qui a attiré mon attention sur cette auteure... Je l’avais mis dans un coin de ma tête, rubrique « à lire » ! Et puis dans la  pile des (nombreux) livres lus par ma mère j’ai trouvé Long week-end.

Très vite j’ai su que ce roman allait me plaire. J’ai toujours eu un faible pour les histoires racontées par un enfant ou un adolescent. Quand c’est bien fait je trouve que ça apporte beaucoup de fraîcheur à des récits qui pourraient vite être plombants. C’est le cas ici !

Henry, 13 ans vit seul avec sa mère un peu fragile. Pendant le week-end du Labor day (jours fériés aux Etats-Unis, juste avant la grande rentrée de septembre), un prisonnier en cavale va s’immiscer dans leur quotidien bien réglé et changer le cours de leurs vies.

Figure masculine en puissance, Franck va séduire la mère en pleine dépression (on comprend vite pourquoi au fil du récit) et permettre à Henry d’arrêter de grandir trop vite.

L’écriture de Joyce Maynard fait de ce huis-clos une histoire très touchante.

Écrit par Noémie dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : joyce maynard, 1018, labor day, adolescence, etats-unis |

lundi, 05 septembre 2011

Rose - Tatiana de Rosnay

rose.jpegMauvaise pioche.

J'ai acheté ce livre sur la foi d'une bonne promotion (on l'a vu partout !) et surtout par l'envie de découvrir cet auteur bestseller (Elle s'appelait Sarah et Boomerang).

Mais j'ai été très déçue. Je pensais m'évader au temps de Nana, du Bonheur des dames et du Ventre de Paris, au temps des artisans parisiens, des ruelles sombres, des bals, des théâtres et des crinolines, et enfin des grands travaux d'Haussmann, de leur magnificence et de leur cruauté... et je suis restée à quai.

Pourtant Tatiana de Rosnay plante bien le décor. Tout est là : descriptions, odeurs, couleurs et sentiments. Même la tragédie ! Mais la mayonnaise ne prend pas.

On sent chez l'auteure un réel plaisir dans son acte d'écriture, mais cela est tellement palpable que c'en devient égoïste. J'aurais aimé partager ce plaisir et j'en suis restée spectatrice.

Rose est une vieille dame qui refuse de quitter sa maison vouée à disparaître, puisque tel en a décidé le tracé du nouveau boulevard St. Germain par le baron Haussmann. C'est à la fois le départ, le corps et la chute de ce roman qui prend la forme d'une longue lettre écrite par Rose à son défunt mari.

Les va-et-vient incessants entre passé et présent, et surtout l'alternance entre la lettre principale et les missives reçues par Rose de la part de ses proches, créent une redondance un peu fatigante. Typique : on apprend une information, elle est ensuite développée quelques pages plus loin, puis largement ré-évoquée dans une lettre reçue par l'héroïne et enfin rappelée au moins une fois, sait-on jamais, les lecteurs sont si distraits. Aïe.

J'ai versé ma larme néanmoins. Mais il est vrai qu'il suffit qu'on évoque devant moi la mort d'un enfant pour que je m'effondre.

Une lecture facile mais sans grand plaisir. Dommage.

 
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