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lundi, 02 mai 2011

Maudit Karma – David Safier

157491881.jpgQuoi de plus naturel, pour une présentatrice de talk-show au sommet de sa gloire, que de mourir écrasée par une météorite ? En revanche, il est plus surprenant de découvrir que ladite célébrité a accumulé tant de mauvaises actions lors de son séjour terrestre qu’elle se retrouve au bas de l’échelle karmique, à savoir, réincarnée en insecte.

J’éprouve des sentiments mitigés quant à la vie après la mort ou la réincarnation. En effet, les diverses alternatives proposées, aussi positives soient-elles, apportent bien peu de consolation à ceux qui restent… Pourtant, j’ai été particulièrement amusée par Maudit Karma, qui nous fait partager les états d’âmes humains d’une animatrice TV successivement réincarnée en fourmi et autres animaux divers.

Bien que ce livre présente peu de profondeur, il a le mérite de divertir énormément. Je me suis prise à imaginer sous quelle forme je pourrais revenir après ma mort, et surtout, quel serait l’animal le plus approprié pour me réincarner. Je n’ai toujours pas de réponse et si cela devait arriver, je n’aurais pas le luxe de choisir ma nouvelle peau.

Je dois également reconnaître que l’auteur, David Safier, manie si bien le second degré qu’il est parvenu avec succès à se mettre dans la peau d’une femme (d’une fourmi, d’un chien, d’un chat…). Le ton est si juste que, bien souvent, j’ai d’ailleurs eu le sentiment qu’une femme tenait la plume…

Écrit par Tamara Writes dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : david safier, pocket, karma, réincarnation, audiovisuel, allemagne |

vendredi, 29 avril 2011

Mon chien stupide - John Fante

Couv_Monchienstupide.jpgLa vie étant un peu morose ces temps-ci, j'avais envie d'une lecture légère et drôle. Mon chien stupide qui traînait là depuis un moment m'a paru parfait. J'ai commencé à le lire et j'ai trouvé géniale cette histoire de chien énorme qui cherche à s'accoupler avec tout ce qui se bouge. Ce roman était pour moi.

Et puis je me suis laissée surprendre !

Alors que je ricanais sur les sottises du narrateur, que je savourais son cynisme, ce texte m'a carrément touchée en plein cœur.

En fait, derrière cette histoire de « chien stupide » se cache une chronique familiale. Bandini écrivain raté (sorte d'alter-ego de John Fante) vit avec sa femme et ses quatre enfants sur la côte Ouest des Etats-Unis. Et il raconte la vie dans ce qu'elle a de plus ordinaire : les enfants qui le font tourner en bourrique mais dont le départ de la maison laisse un grand vide, sa femme qui l'insupporte mais dont il est toujours amoureux...

Ce court texte a dû particulièrement trouver écho en moi. En tout cas, Fante a ce talent immense de parler de choses banales avec style, de les rendre drôles et émouvantes.

Je n'avais encore rien lu de cet auteur, mais là tout de suite j'ai une furieuse envie de lire toute son œuvre tant ce roman m'a plu !

 

Écrit par Noémie dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : john fante, 1018, californie, chien |

vendredi, 22 avril 2011

Petits suicides entre amis - Arto Paasilinna

Petits suicides.jpgAu-delà du nom de la capitale, Helsinki, je ne connais rien de la Finlande. Découvrir cette nation à travers l’un de ses écrivains se révèle une entrée en matière originale. En particulier lorsque le titre de l’ouvrage, Petits suicides entre amis, laisse présager une histoire des plus loufoques…

Comment ne pas sourire quand un homme d’affaires, fermement résolu à mettre fin à ses jours, voit son dessein compromis par un colonel mis au placard, qui a le culot de vouloir mourir dans la même grange que lui, le même jour et à la même heure que lui ? Comment ne pas éclater de rire lorsque nos deux désespérés anonymes décident de rassembler des suicidaires de tout le pays pour organiser une mort collective haut de gamme ? Et comment ne pas se tordre dans tous les sens quand les membres de l’association qu’ils montent embarquent dans un autocar de tourisme pour une dernière virée rocambolesque à travers l’Europe ?

Ce livre, qui n’a aucune ambition thérapeutique, pointe du doigt les causes du mal-être des protagonistes, afin de proposer une réflexion acerbe sur l’un des maux de notre société. Plutôt que d’enfoncer les personnages dans leur détresse, l’auteur choisit de les accompagner, cherchant tous les prétextes pour ne jamais les laisser seuls. Ainsi, l’absurde et l’autodérision avec lesquels il raconte cette histoire sur le thème du suicide interpellent le lecteur, sans jamais lui faire peur. Une manière intelligente de briser le tabou.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : arto paasilinna, folio, suicide, finlande, finlandais, voyage |

lundi, 18 avril 2011

Les cerfs-volants de Kaboul - Khaled Hosseini

kaboul.jpgLes personnages de ce roman se sont invités chez moi pour ne plus en partir. Plusieurs semaines après avoir refermé le livre, je pense encore souvent à eux.

Je pense à leur courage, à leurs souffrances, à leurs remords. De Kaboul dans les années 70 à San Francisco dans les années 2000, Khaled Hosseini nous fait vivre à leurs côtés : on les côtoie au temps béni de leur enfance dans un quartier tranquille de Kaboul, pendant l'invasion russe puis sous la barbarie des taliban, et enfin dans leur fuite aux Etats-Unis.

On accompagne Amir dans son exil américain, pour ensuite revenir avec lui vingt ans plus tard à Kaboul, où il doit faire face à son passé lourd de trop de secrets. Hassan, lui, était resté vivre en Afghanistan, et son destin aura été différent. Mais aurait-il dû l'être ? Pourquoi ces inséparables amis, frères de lait, se sont-ils éloignés l'un de l'autre ?

Ce roman magnifique mais très dur se penche sur le poids de la famille et de ses non-dits, sur la difficulté de grandir avec la culpabilité, et pose aussi la question du courage et de la trahison quand on n'est qu'un enfant.

On m'avait prévenue que certaines pages étaient particulièrement dures, mais il vaut la peine de surmonter son appréhension.

Comme dans Le monde selon Fawad de Andrea Busfield, je me suis imprégnée des descriptions des paysages, des senteurs, des fêtes afghanes, mais malheureusement aussi de la guerre et de ses horreurs. Les héros de ces deux romans sont d'ailleurs tous trois des jeunes garçons et ils se sont fait écho dans mon esprit.

Ce livre m'avait été recommandé par de nombreuses personnes et je les en remercie. A présent, j'ai très envie de lire le deuxième roman de Khaled Hosseini, Mille soleils splendides (il parait qu'il est encore plus réussi, ça promet !).

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : khaled hosseini, andrea busfield, afghanistan, enfance, etats-unis, san francisco, kaboul, guerre, taliban |

vendredi, 15 avril 2011

Marie-Antoinette – Stefan Zweig

Marie-Antoinette.jpgPour une fois, voici un livre que j'ai choisi seule, et pas parce que truc et machin ont dit que c'était super ou que Cosmo le classait dans les inratables du printemps. Ce qui ne m'empêchait pas d'avoir à son égard, avant même d'en démarrer la lecture, un double a priori positif et une réserve (je sais, j'ai toujours un avis sur tout...).

Pour tous ceux qui connaissent bien son œuvre, ce que je vais écrire revient certainement à enfoncer une porte (grande) ouverte. Mais pour moi, qui ai découvert Stefan Zweig sur le tard, je dois dire qu'il s'est imposé à mes yeux, en un seul roman, comme un écrivain rare, dont la force réside tant dans son indéniable talent de conteur que dans son profond humanisme, qui asperge chacune des phrases qu'il écrit. Après avoir lu deux romans (Le Monde d'hier et Vingt-quatre heures de la vie d'une femme), je voulais absolument lire une des biographies de Stefan Zweig, qui constituent une part importante de son travail. Mon choix s'est porté très rapidement sur Marie-Antoinette, probablement à cause d'une espèce de fascination morbide pour sa fin tragique.

J'avais toutefois une réserve dans la mesure où, ne découvrant pas l'auteur, je connaissais son style si riche qu'il en devient parfois complexe, sa minutie si poussée qu'elle peut apparaître rigide. Et je craignais que, confronté à l'exercice précis - parce qu'historique - de la biographie, ce style ne devienne trop complexe, du genre si tu rates une ligne il faut recommencer tout le chapitre !

Finalement, contrairement à ce que j'avais craint, Marie-Antoinette s'est avéré être l'ouvrage de Stefan Zweig offrant la lecture la plus aisée, le style le plus fluide. D'une précision historique inégalée (après avoir réuni toutes les archives et documents disponibles sur le sujet, Stefan Zweig a scrupuleusement écarté tous les documents sujets à caution et d'origine incertaine pour ne se baser que sur les faits), Marie-Antoinette réussit la prouesse de transformer une biographie historique en un roman palpitant. On s'attend à découvrir les heurs et malheurs d'une reine froide et capricieuse qui serait depuis longtemps oubliée si sa mort ne restait pas un symbole de la chute de l'Ancien régime, et on est happé par l'histoire d'un personnage complexe, appelé trop tôt à des fonctions trop hautes, mariée sans amour à un homme mou et indécis. Refusant d'adhérer aux thèses partiales, qu'elles soient révolutionnaires ou royalistes, refusant la sacralisation autant que la diabolisation, Stefan Zweig livre le portrait sincère et rigoureux d'une reine qui fût avant tout une femme, et qui, comme toutes femmes, a commis de nombreux faux pas, mais qui, comme très peu d'entre elles, les a vu commentés, disséqués, amplifiés, raillés par la France entière.

Fresque historique, analyse psychologique, peinture sociale... si Marie-Antoinette est tout ça à la fois, c'est aussi et surtout un roman fascinant, une histoire troublante et enrichissante qui poursuit le lecteur longtemps après qu'il en a lu les dernières lignes. Peut-être parce que tout est vrai ?

lundi, 28 mars 2011

Auprès de moi toujours (Never let me go) - Kazuo Ishiguro

1377361973.jpgLorsqu’un film adapté d’un roman que je n’ai pas lu sort sur grand écran, je préfère toujours négliger l’adaptation cinématographique pour me plonger dans l’œuvre originale. J’ai pourtant failli enfreindre cette règle avec Auprès de moi toujours.

En effet, lorsque séduite par la bande-annonce, j’ai décidé d’aller voir le film, j’ignorais qu’il s’agissait d’une adaptation. Le hasard a voulu que je découvre le livre au détour d’un rayon avant de commettre l’irréparable. Et la magie du roman a opéré de la même manière que les images brièvement aperçues l’espace d’une bande-annonce.

Qui sont ces élèves qui grandissent dans l’internat paradisiaque qu’est Hailsham ? Pourquoi reçoivent-ils une éducation si particulière ? Pourquoi les conversations entre Kath, Ruth et Tommy, trois jeunes résidents de Hailsham, paraissent si étranges ? Quel secret les rend si différentes des discussions que pourraient avoir d’autres enfants du même âge?

A travers le récit du passage de l’enfance à l’âge adulte de ses trois héros, Kazuo Ishiguro raconte une histoire d’amour et d’amitié en apparence classique… Tout en nous laissant clairement entendre que les faits rapportés n’ont rien d’ordinaire.

Ce n’est qu’à la 259ème page que la réalité est clairement évoquée. Une vérité qui ne fait que renforcer le romantisme inhérent à ce livre et l’envie de connaître la fin de l’histoire. Fin que l’on devine inéluctable et pourtant ouverte à tous les possibles…

Écrit par Tamara Writes dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : auprès de moi toujours, never let me go, kazuo ishiguro, amour, amitié |

lundi, 21 mars 2011

Sukkwan Island - David Vann

Prix medicis étrangerSukkwan island couv medicis.jpgJe ne sais pas ce qui a pris à ma sœur de m'offrir ce livre monstrueux mais je lui en suis reconnaissante.

Là est tout le paradoxe de ce roman : cauchemardesque mais génial.

La quatrième de couverture (décidément) m'avait carrément rebutée. On y parle de "suspense insoutenable", de "drame violent et imprévisible", de "cauchemar" et des "ténèbres de l'âme humaine". De quoi fuir en courant pour ce qui me concerne !

Mais ce livre est un cadeau alors j'ai fait l'effort. Et je ne le regrette pas une seule seconde. Oui, l'histoire de ce père qui emmène son fils adolescent vivre un an dans une cabane isolée sur une île perdue d'Alaska est terrible. Oui, ce qu'ils vont vivre est au-delà de l'horreur. Mais David Vann nous raconte leur histoire avec tellement de prodige qu'on ne peut qu'admirer son talent.

L'auteur nous confronte avec la réalité complexe d'âmes en quête de sens, il nous fait goûter au froid et au vent de contrées sauvages et lointaines. Il nous embarque, il nous malmène.

Jetez-vous sur ce livre si vous vous en sentez capables, c'est un voyage qu'on n'oublie pas.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature étrangère, Prix littéraire, Thriller | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : éditions gallmeister, david vann, alaska, île, nature, horreur, famille |

vendredi, 18 mars 2011

L’Agneau – Christopher Moore

l'agneau.jpgC'est l'histoire de l'archange Gabriel à qui Dieu himself a confié la tâche divine de réveiller le meilleur pote de Jésus, Biff, de son sommeil éternel, pour qu'il complète les Evangiles, totalement muets sur la jeunesse de Jésus... C'est vrai quoi, qu'est-ce que Jésus a bien pu faire entre sa prime enfance et ses trente ans, quand il réapparaît sur les rives du Jourdain ?

Voilà donc cet improbable tandem rapatrié incognito sur terre et enfermé, de mauvaise grâce, dans une chambre d'hôtel de Manhattan où l'archange s'empiffre de pizzas et dévore autant de séries américaines (Dallas en tête) que de matchs de catch en attendant que Biff se décide à écrire ce cinquième Evangile. Ce que Biff va finir par faire, racontant l'amitié profonde qui l'a lié à Jésus (Joshua) pendant plus de vingt-cinq ans : premières bêtises, premiers miracles, premières amours (Marie-Madeleine, dite Maggie, au premier chef), premiers pèlerinages... jusqu'à la fin que l'on sait. Parce que Biff, en ami sincère et loyal, a toujours été aux côtés de Joshua, un peu pour tenter de l'aider à comprendre ce qu'impliquait d'avoir été désigné un beau jour comme étant le messie (de qui ? de quoi ?), mais aussi pour lui permettre de vivre, par procuration, ce que son statut particulier lui interdisait : l'opulence, les femmes, le sexe, la violence, les magouilles et autres petites arrangements avec la vie.

Irrévérencieux, irrespectueux, impertinent, décalé, ironique, drôle... les adjectifs ne manquent pas pour tenter de qualifier ce roman qui, malgré une apparente légèreté, repose sur de longues recherches historiques et théologiques. Il en est toutefois un qui s'impose aux autres : jubilatoire !

Une question demeure pourtant : pourquoi diable les Editions Folio l'ont classé dans la catégorie des policiers ?

lundi, 07 mars 2011

Le monde selon Fawad - Andrea Busfield

Fawad.jpgL'Afghanistan d'aujourd'hui n'est pas vraiment un terrain de jeu idéal pour un garçon de onze ans. Mais Fawad est lumineux, espiègle, courageux. Il traverse les épreuves avec intelligence.

Ce roman est son histoire pendant un peu plus d'un an. Il y passe de la plus extrême pauvreté au confort d'une maison d'expatriés occidentaux, où sa maman devient cuisinière. J'ai été touchée par cette histoire, entre survie et espoir. Et par son style, direct.

Fawad porte sur le monde et ses étranges nouveaux amis un regard étonné, tantôt amusé, tantôt désespéré. Il nous ouvre son univers : sa famille endeuillée par la guerre, ses cousins et leurs petits business, ses amis de la rue et bien sûr, les occidentaux (ONG, médecin, journaliste...) qui l'ont pris sous leur aile. On y croise aussi un chef de guerre afghan, des taliban. On voyage entre Kaboul et Jalalabad, en passant par Shinwar.  

Pas de manichéisme ici et pas de simplification à outrance, Andrea Busfield dresse un portrait contrasté d'un pays déchiré. On plonge dans une culture très riche et codifiée, dans un univers qui n'est finalement pas si lointain.

On m'a aussi beaucoup parlé des Cerfs volants de Kaboul de Khaled Hosseini alors je crois que je vais entamer un cycle afghan !

Merci à Florence de m'avoir prêté ce livre inattendu.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : andrea busfield, pocket, afghanistan, jeunesse, enfance, guerre |

vendredi, 04 mars 2011

Journal de nuit – Jack Womack

Journal de nuit.jpgVoici un roman que je n'aurais probablement jamais eu l'idée de lire si Eric, en ce cela confirmé par Arnaud, ne m'en avait fait l'article avec autant d'enthousiasme. Comme j'aime bien Eric et Arnaud (et aussi que je suis influençable), je l'ai acheté. Je n'en avais jamais entendu parler, et même si par extraordinaire j'étais tombée dessus dans une librairie, la quatrième de couverture m'aurait certainement déroutée. On y apprend en effet que Journal de nuit est un roman à classer dans la catégorie des œuvres « cyberpunk » (quand on est une lectrice dans le vent, le mot « punk » fait dresser les cheveux sur la tête), dont le but, selon Wikipédia, est de mettre en relief les défauts de notre civilisation, dans un futur proche du monde réel. « Il constitue fréquemment une vision plutôt pessimiste de notre avenir. Ainsi y sont décrits des problèmes tels que la pollution, l'essor de la criminalité, la surpopulation, le décalage de plus en plus grand entre minorité de riches et majorité de pauvres ». On y apprend aussi que le livre a, lors de sa parution, été interdit aux Etats-Unis, pourtant patrie de l'auteur. Un livre maudit (défendre la noble cause d'auteurs injustement condamnés, c'est beaucoup plus dans les cordes d'une lectrice dans le vent) ?

L'histoire se passe donc à Manhattan, dans un futur proche, où tout est pareil, si ce n'est que les malaises politiques et sociétaux actuels sont démultipliés. Lola - des parents aimants, une petite sœur pour se chamailler et des copines plein l'école privée - reçoit un journal intime pour son douzième anniversaire, qu'elle baptise Anne (la coïncidence avec un autre célèbre journal est probablement trop énorme pour n'être pas voulue). Et c'est à travers le prisme de ce journal que le lecteur va assister à la descente aux enfers d'une famille qui semblait pourtant normale, que rien ne prédestinait à ça, dans un monde où les présidents tombent comme des mouches, où le dollar n'a plus aucune valeur, où les gangs et le crack règnent en maîtres, où les camps de redressement pour mineurs sont aussi destructeurs que monnaie courante. Mais ce journal se fait aussi l'écho sans fard des tourments d'une adolescente qui livre, avec des termes parfois très crus, son sentiment sur l'employeur de son père qui le fait travailler quatorze heures par jour, la quantité de médicaments que prend sa mère et les inquiétudes que cela suscite chez elle, les mesquineries crasses entre soi-disant amies, l'éveil de sa sexualité (ou plutôt de son homosexualité), le besoin vital d'appartenir à un groupe.

Terrifiant parce que plausible.

A toutes fins utiles, je livre ici le titre américain de l'ouvrage, nettement plus évocateur et beaucoup plus juste : Random Acts of Senseless Violence.

Écrit par Mélanie dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : jack womack, editions denoël, cyberpunk, new-york, famille, adolescents |

 
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