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vendredi, 18 février 2011

Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Cercle littéraire des amateurs epluchures patates.gif.jpegUn roman désuet mais savoureux avec lequel je me suis délectée pendant une semaine !

Merci à Anne et Manon de m'avoir conseillé ce livre, que je me suis empressée d'emprunter à la bibliothèque. L'avantage de la bibliothèque, c'est que j'ai hérité d'un livre abimé, un peu passé, qui m'a tout de suite mise dans l'ambiance.

C'est une correspondance charmante et pleine d'esprit, qui nous embarque dans les années d'après guerre à Londres et à Guernesey. On lit les lettres échangées entre Juliet Ashton, écrivaine londonienne, son éditeur, sa meilleure amie, et une flopée d'habitants de l'île de Guernesey. On y découvre la vie quotidienne pendant et après la guerre dans une parcelle rurale de la Grande-Bretagne qui a beaucoup souffert. On oublie en effet souvent que les îles anglo-normandes ont subi l'occupation nazie. 

Je n'avais pas lu de roman épistolaire depuis... Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, et c'est un vrai plaisir de découvrir ces échanges alternativement drôles, pathétiques, terriblement tristes ou spirituels.

Monsieur-mon-mari est en train de le lire (vite, il faut le rendre à la bibliothèque après-demain !) et au début il trouvait que c'était plutôt un livre pour nana (mais que diable veut-il dire par là ?). Mais maintenant il est totalement pris. Je suis ravie !

PS : rétablissons la vérité ! Le véritable nom du Cercle est : "le cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey".

vendredi, 11 février 2011

Purge – Sofi Oksanen

Purge.jpgJe dois l'avouer d'emblée : c'est parce que plusieurs magazines féminins indiquaient que « Si l'on devait n'en lire qu'un cette année, ce serait celui-là » (il a reçu le prix Fémina « Etranger » 2010) que j'ai poussé la porte d'une librairie du boulevard Saint-Germain ce midi-là. Ensuite, c'est parce que la quatrième de couverture promettait une histoire sombre et glauque que je me suis présentée à la caisse avec ce livre à la couverture rose entre les mains. Et c'est là que les commentaires facétieux s'arrêtent. En effet, Purge n'est ni drôle, ni gai, ni léger. C'est même tout le contraire.

Purge, c'est l'histoire croisée de deux destins entremêlés, ceux de deux femmes estoniennes, Aliide et Zara. L'une est vielle, l'autre est jeune, mais toutes deux reviennent des confins de l'horreur, et se battent quotidiennement pour vivre avec. Qu'elle s'appelle nazisme, impérialisme, communisme ou totalitarisme, cette horreur a cassé, brisé et piétiné ces deux vies qui pourtant continuent, ni vraiment pareilles, ni tout à fait différentes, entre courage et rédemption, résignation et indignation.

Purge, c'est cinquante ans d'histoire et d'Histoire, cinquante ans de terreur, de tortures, d'exactions, de trahisons inacceptables et de secrets de famille inavouables. Attention cependant : Purge n'est ni de près, ni de loin, un roman historique, mais bel et bien un récit prenant, témoignant d'un dosage subtil entre pudeur et témoignage, entre atrocités et soulagements, entre désir de mourir et capacité à vivre. Toutefois, il s'agit aussi d'une fiction inspirée par des évènements bien réels, qui se sont passés il n'y a pas si longtemps, pas si loin, et dont la littérature (en tout cas celle que je lis) se fait assez peu l'écho.

Mais Purge c'est aussi un style narratif maîtrisé qui, à coups de phrases courtes et sèches, conduit le lecteur à assister à un huis-clos étouffant, à lire des lettres tenues si longtemps secrètes, à vivre des flashbacks insoutenables.

Sans moralisation ni jugement, la jeune Sofi Oksanen livre ici un récit puissant, dérangeant mais incontournable.

vendredi, 14 janvier 2011

L’Ombre du vent – Carlos Luis Zafon

ombreduvent.jpgCe billet est désormais disponible sur la nouvelle adresse du blog : http://www.lectricesandthecity.fr/l-ombre-du-vent-carlos-...

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Histoire & Politique, Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (28) | Tags : espagne, barcelone, livre, amour, franco, suspens, grasset |

vendredi, 24 décembre 2010

White Palace - Glenn Savan

couv_WhitePalace.jpgVoilà un roman que je n’aurais pas lu si on ne me l’avait pas mis entre les mains. Jamais remarqué en librairie, jamais entendu parler de l’auteur, mais quelle découverte ! Moi qui adore la littérature américaine surtout lorsqu’elle décortique les travers de la société, j’ai été servie.

White Palace, c’est l’histoire d’une passion amoureuse aussi intense que bancale. Un soir de cuite, Max rencontre Nora dans un bar miteux. Elle le magnétise. En quelques heures, il va la désirer plus que tout, malgré son physique «hors norme» (pour vous donner une idée je l’ai imaginée telle une héroïne du dessinateur de BD Robert Crumb).
Le truc, c’est que Max est jeune, bourgeois et cultivé, alors que Nora est tout droit issue d’une famille que l’on peut qualifier de « white trash ». Elle a la quarantaine passée, est divorcée et serveuse dans un fast food. L’auteur va alors décrire par le menu détail comment les différences sociales s’immiscent dans leur relation amoureuse.

J’ai plongé dans cette histoire sans m’en rendre compte, comprenant les états d’âme de Max, m’identifiant parfois à Nora. Glenn Savan est vraiment talentueux, il vous embarque dans le récit sans vous ménager, à grand renfort de personnages secondaires tous plus réussis les uns que les autres. La critique sociale est sévère et invite à la réflexion.
C’est une lecture un peu glauque même s’il est question de sentiments amoureux. Mais j’ai fini ce livre il y a maintenant quinze jours et j’y pense encore…

Écrit par Noémie dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : glenn savan, sexe, babel, missouri, amour |

vendredi, 10 décembre 2010

La Religion – Tim Willocks

La religion.jpegAttention, choc littéraire !

N’étant pas rompue aux romans historiques, qui éveillent en moi des images poussiéreuses d’histoires aussi longues que complexes et qui n’ont pour véritable objet (bien que caché) que de remédier aux lacunes d’un lecteur nécessairement inculte, c’est un peu fraîchement que j’ai accueilli ce livre, et ce d’autant plus que je ne l’avais pas choisi.

Et pourtant, c’est probablement l’un des trois ouvrages les plus captivants que j’ai eu l’occasion de lire cette année, une vraie révélation. Exit les préjugés : on entre dans La Religion dès les premières lignes d’un récit qui réussit l’exploit de tenir le lecteur en haleine pendant 800 pages tout en lui offrant une véritable leçon d’histoire, comme ça, l’air de rien.

Le héros, Matthias Tanhauser, sorte de croisement entre Antonio Banderas et Romain Duris (en tout cas, c’est comme ça que je l’imagine), accepte d’aider une belle jeune femme dans une périlleuse mais noble quête qui les mènera jusqu’à Malte, où les moines-chevaliers s’apprêtent à vivre un siège sans précédent, dont nul ne sortira épargné. C’est là que la petite histoire rencontre la grande et que l’intrigue épouse le décor. Le récit, qui ne laisse aucun répit au lecteur, est trépidant, l’histoire d’amour est romanesque, le propos est cru et la précision historique chirurgicale.

La quatrième de couverture indique que « James Ellroy a transfiguré le thriller, Stephen King a réinventé le roman d'horreur. Avec La Religion, Tim Willocks renouvelle le roman historique ». Sur le coup, je trouvais ça un peu commercial. Finalement, c’est peut-être en-deçà de la vérité…

Écrit par Mélanie dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : religion, tim willocks, editions sonatine, moine, chevalier, amour |

vendredi, 03 décembre 2010

Sheila Levine est morte et vit à New York – Gail Parent

sheila-levine1.jpg

Sheila Levine, trentenaire célibataire, est issue d’une famille juive new-yorkaise où le mot d’ordre est « trouve un mari à la Fac après ce sera plus dur ». Évidemment à 30 ans elle n’est toujours pas mariée et le but unique de sa vie est de trouver le mari juif qui rendra sa mère heureuse. Mais pour cela il faut être un peu plus mince, moins frisée, avoir le nez plus fin… Comme elle voit que ce n’est pas gagné, elle décide d’organiser son suicide et la longue lettre d’adieu qu’elle écrit pour expliquer son geste compose le roman.

C’est écrit comme un journal intime, la lecture est vraiment aisée. Et si le propos paraît un peu simple ou déjà-vu, Gail Parent manie parfaitement l’autodérision, c’est donc très, très drôle. J’ai beaucoup ri à la lecture de ce bouquin (attention cependant il faut apprécier l’humour noir).

Ecrit en 1972, alors qu’on ne parlait pas encore de « chick lit », ce livre n’a à mon sens pas du tout vieilli. Et puis pour moi, Sheila a finalement trouvé le mari idéal, l’a suivi à Londres et a eu une fille : Bridget Jones !!

Écrit par Noémie dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : gail parent, rivages, new york, bridget jones, chick lit |

lundi, 22 novembre 2010

Un cadeau du ciel - Cecelia Ahern

un cadeau du ciel - cecelia ahern.jpgJe suis entrée dans la librairie avec l’intention d’acheter La Vie est un arc-en-ciel, le dernier roman de Cecelia Ahern. Celui-ci étant en rupture de stock, je suis finalement repartie avec son livre précédent, Un Cadeau du ciel. Le titre aurait du m’alerter. Je suis pourtant tombée dans le panneau.

A mi-chemin entre conte de Noël et fable moralisatrice, ce roman décrit le quotidien de Lou (homme parfait, famille parfaite et travail en or), qui brûle sa vie par tous les bouts. Négligeant et méprisant ses proches, il passe 20h par jour au bureau, boit des bières avec ses collègues ou ses clients et trompe sa femme le reste du temps. Son quotidien se résume à ces trois activités jusqu’au jour où Lou croise Gabriel (un SDF qui porte le prénom d’un ange) et lui propose de l’embaucher.

Cette leçon de morale (sans la moindre subtilité) tente de faire passer un message emprunt de bons sentiments. Cela dit, le style Ahern est fluide, si bien que malgré la mièvrerie ambiante, les aventures de Lou et de « l’ange » Gabriel se lisent d’une traite.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : cecelia ahern, j’ai lu, famille, amour, travail, homme d’affaires, dublin |

vendredi, 12 novembre 2010

Mange prie aime - Elizabeth Gilbert

mange_prie_aime1.jpgUn mois de lecture par intermittence et sans grand plaisir pour terminer ce livre sans grand intérêt.

Je ne me souviens d'ailleurs plus vraiment pourquoi je l'ai acheté. Son statut de bestseller peut-être.

Elizabeth Gilbert, écrivaine trentenaire pétulante et bavarde, nous raconte son année loin de New-York, où elle vient de divorcer douloureusement. Elle a décidé de voyager pour s'apaiser, se retrouver et accessoirement fuir la dépression.

Dans un style brouillon dans lequel on se perd rapidement, "Liz" nous emmène successivement en Italie, où elle ne fait que manger, en Inde où elle ne fait que prier, et à Bali où elle ne fait qu'aimer. On rencontre des personnages pittoresques et attachants (un intellectuel italien, un baroudeur texan, un sorcier balinais, etc.) mais le rythme du voyage nous empêche de nous attarder à mieux les découvrir.

Si cette expérience de quête intérieure est en soi digne d'intérêt, son rendu est malheureusement assez difficile d'accès. L'auteure nous perd, à grands renforts de flash-back et de considérations plus égocentriques que spirituelles.

Je ne retiendrai finalement que trois passages : la description d'une pizza napolitaine à faire saliver (mais où est cette pizzeria ?), son expérience de la transcendance dans un ashram indien (méditation, frissons, visions) et le moment où elle cède enfin au séduisant quinqua brésilien.

Je me demande d'ailleurs si je n'ai pas tenu jusqu'au bout uniquement parce que j'attendais ce charmant personnage masculin.

Les impressions de Tamara : Un long mois... C'est en effet la durée moyenne nécessaire pour venir à bout de cet ouvrage. Alors que je pensais me plonger dans le récit touchant d'une femme qui ose changer de vie, je me suis ennuyée à parcourir le catalogue d'une auteure privilégiée en quête d'inspiration. Bref, le manque d'émotion me lasse profondément.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : elizabeth gilbert, bestseller, livre de poche, voyage, cinema, julia roberts, javier bardem |

mercredi, 10 novembre 2010

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme – Stefan Zweig

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme.jpgCe billet est désormais consultable sur notre nouvelle adresse de blog : http://www.lectricesandthecity.fr/24h-de-la-vie-d-une-fem...

Écrit par Mélanie dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : stefan zweig, le livre de poche, femme, vie |

dimanche, 24 octobre 2010

Orgueil et préjugé - Jane Austen

La plus merveilleuse histoire d'amour jamais écrite.jane austen.gif

Pride and prejudice, ou Orgueil et préjugé, c'est le livre ultime. Le livre que je lis et relis, dans une langue puis dans l'autre, chaque année ou presque.

Pas d'effusions, pas de grandes déclarations, de clairs de lune ou de chants d'oiseaux, ici l'amour est espéré, effleuré, au mieux deviné. La tension romantique est permanente, on retient son souffle, on relit trois fois les meilleurs passages.

Le temps s'étire dans la campagne anglaise, et nous partageons le quotidien oisif de familles locales, ou londoniennes récemment implantées, dans lesquelles nos héros évoluent. Les mois se succèdent et nous partageons leurs bals, leurs après-midi champêtres, leurs tea parties...

Mais cette quiétude apparente tranche avec la violence des sentiments sous-jacents.

Avec Elizabeth Bennet et Mark Darcy, Jane Austen a créé deux personnalités vibrantes, qui se repoussent et s'attirent comme des aimants. Le roman s'appelait First impression avant d'être retravaillé par Jane Austen une fois adulte, et tout est là. Tomber amoureux c'est faire tomber les barrières. Il faut abandonner une part de maîtrise et oublier ce qu'on croyait savoir. C'est ce contre quoi nos héros tentent de se dresser, pour garder le contrôle de leurs illusions. En vain. Et lorsqu'ils s'aperçoivent de leur aveuglement, il leur faut encore combattre un dernier rempart : la fierté.

Si vous voulez voir une adaptation de ce roman, préférez la version de la BBC (1996) avec Colin Firth et Jennifer Ehle. Elle dure 6h, et chaque minute est à savourer.

Et pour la petite histoire, le scénario de Bridget Jones' diary de Helen Fielding est largement inspiré de ce roman. Le héros s'appelle d'ailleurs Darcy, et dans le film il est également joué par Colin Firth !

Ne vous refusez pas ce bonheur, lisez-le.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature classique, Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : jane austen, amour, angleterre, xixème, romantique, bridget jones' diary, motifs |

 
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