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lundi, 25 avril 2011

L’Elégance des veuves – Alice Ferney

L’Elégance des veuves – Alice Ferney.jpgCertains disent que c’est un « livre de filles ». Si ce jugement apparaît quelque peu dépréciatif, il n’est pas totalement faux dans la mesure où c’est effectivement un livre écrit par une femme et qui parle des femmes. Cela dit, un tel commentaire est évidemment simpliste. Personnellement, je préfère dire que c’est un livre sur la vie, celle des femmes bien sûr, mais aussi sur les hommes qu’elles épousent et avec qui elles forment un couple, les enfants qu’ils engendrent, la famille qu’ils forment et les années qui passent.

A travers trois générations de femmes, Alice Ferney raconte avec pudeur et discrétion, mais sans détour, les histoires successives de Valentine, Mathilde et de la petite dernière, du début du siècle à nos jours : les convenances, les arrangements, le statut social de l’homme et de son épouse de femme, les maternités successives, les décès et le chagrin qui ne s’efface jamais vraiment.

Sans jamais formuler de jugement, elle dépeint l’évolution des relations entre hommes et femmes, et de leurs rôles respectifs, vers le fragile équilibre qui existe (pas toujours) aujourd’hui. Sans militantisme ni féminisme revendiqué, L’Elégance des veuves éclaire le lecteur sur l’environnement social qui pesait sur l’homme et la femme du début du siècle, dans le milieu bourgeois, avec tout ce que l’on imagine de caricatural. Mais c’est justement parce qu’elle a choisi la bourgeoisie pour cadre qu’Alice Ferney nous permet de pénétrer un monde où l’apparence est ligne de conduite et de décrypter un mode de fonctionnement qui apparaît tellement dépassé aujourd’hui qu’il en est presque inconcevable. Et pourtant, il n’est ni si éloigné, ni éradiqué et, surtout, l’univers ici décrit permet d’apercevoir que, contrairement à ce que l’on imagine trop facilement aujourd’hui, les femmes étaient, si ce n’est satisfaites, du moins averties de leur destinée.

Bref, sans être réellement un coup de cœur (trop interpellant ? trop juste ?), ce (court) roman reste un exercice de style remarquable, avec, d’une part le charme désuet des bavardages maternels à l’heure du thé et, d’autre part, la force de questionnements sans fin : être amoureuse, épouse, mère… et heureuse.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : babel, alice ferney, femmes, mariage, maternité, deuil, vie, générations, famille |

lundi, 11 avril 2011

Métro parisien, petits plaisirs du soir et du matin – Julien Lootens

Métro parisien.jpgJ’étais très curieuse de découvrir Métro parisien, car il me tardait de connaître quels étaient ces « petits plaisirs du soir et du matin » évoqués dans le sous-titre. Parisienne ordinaire, j’ai si peu d’anecdotes sympathiques à partager sur mes trajets en métro, que je me faisais un plaisir d’en lire quelques-unes. Si le livre s’est révélé divertissant, le premier contact n’a pourtant pas été des plus chaleureux.

Pour commencer, j’ai constaté avec surprise que le texte était truffé de rimes. Cet exercice de style est certes fort bien mené, mais je trouve qu’il ne facilite pas la lecture d’un texte aussi long.

L’autre légère déception porte sur le fond. Je m’attendais à une succession de saynètes, drôles ou tristes, dont l’auteur aurait été témoin ou acteur. Or, l’ouvrage rassemble une série de portraits de voyageurs ayant retenu l’attention de l’auteur. Cette galerie, ponctuée de réflexions personnelles, me rappelle cependant le jeu que je pratique dans le métro : inventer la vie des inconnus que je croise. Bien que ces instantanés ne correspondent pas à mes « inventions », j’ai fini par les apprécier.

Malgré ces petites contrariétés, Métro parisien recèle également une foule de trésors, à travers les nombreux détails distillés sur l’histoire du métro parisien. Nombre de voyageurs, historiques de lignes, prix des billets depuis le premier métro, anecdotes sur la construction… Bref, des faits méconnus qui, lorsqu’on en prend connaissance, rendent le moindre trajet plus enrichissant.

Et pour plus d'infos, le site de Julien Lootens reste à votre service.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : paris, métro, julien lootens, transports en commun, histoire |

lundi, 04 avril 2011

Femmes contre nature – Léa Godard

Femmes contre nature.jpgC’est en lisant un billet de l’Ogresse, que j’ai appris que les éditions Emue célébraient la journée de la femme en proposant le téléchargement gratuit de l’ouvrage Femmes contre nature. Deux clics plus tard, je recevais la version PDF de ce recueil plein de promesses.

12 nouvelles, soit 12 portraits qui mettent l’accent sur les défauts (plus ou moins gros) de 12 femmes modernes. De la jalouse à la pucelle, en passant par la vieille fille, la poilue ou encore l’alcoolique, ces 12 héroïnes se considèrent « contre nature »… Ou pour être plus exacte, la société les considère comme telles, car elles n'entrent pas dans la norme.

Au final, j’ai découvert 12 histoires ordinaires. Si chaque texte a le mérite d’être bien écrit, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, ni à saisir ce qui rendait ces femmes si particulières. Aucune n’est parvenue à me faire rire, pleurer ou même m’indigner… Or l’enjeu de l’écriture de nouvelles, c’est précisément de parvenir à susciter de tels sentiments en très peu de temps.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française, Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : léa godard, emue, nouvelles, portraits, femmes, numérique |

mercredi, 30 mars 2011

Morne Câpresse – Gisèle Pineau

Couv_giselepineau.jpg

C'est une jeune femme qui m'a conseillé cet auteur un soir d'été entre deux rayons du Virgin des Champs-Elysées. J'avais trouvé ça tellement sympa que j'avais aussitôt acheté le livre en question, Chair Piment, dévoré en quelques jours. J'avais adoré. Essai confirmé quelques mois plus tard avec La grande drive des esprits.

Ces romans m'avaient fait l'effet de lecture de « vacances » avec un je ne sais quoi en plus... J'ai récidivé cet hiver avec Morne Câpresse.

Passionnante, l'intrigue du roman croise plusieurs destins de femmes abîmées par la vie : drogue, alcoolisme, inceste, infidélité des hommes... Elles vivent toutes au sommet du Morne Câpresse, en Guadeloupe, sous la coupe de « mère Pacôme » fondatrice d'une sorte de congrégation. Le lecteur suit Line, débarquée dans cette communauté exclusivement féminine. A la recherche de sa petite sœur, elle questionne les « filles de Cham» et très vite on comprend que quelque chose ne tourne pas rond... Je vous laisse découvrir les lourds secrets qui pèsent sur ce gynécée.

Si j'ai tant aimé Morne Câpresse, c'est que Gisèle Pineau se sert de ces vies brisées pour brosser le portrait d'une Guadeloupe moins idyllique qu'il n'y paraît. C'est là tout l'intérêt de ses romans : plus que des histoires de femmes, ce sont de vraies questions de société qui sont à chaque fois abordées.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : folio, gisèle pineau, guadeloupe, femmes |

vendredi, 25 mars 2011

Un roman français – Frédéric Beigbeder

1282669745.jpgAu risque de me faire beaucoup d’ennemis, je choisis de le dire d’emblée : je n’ai pas aimé. Tellement pas aimé que je n’en ai pas terminé la lecture, ce qui est assez rare.

Je fais partie de ces rares personnes (en tout cas les mines désolées à chaque fois que je fais cet aveu me portent à le croire) à n’avoir pas lu 99 francs, ni rien d’autre de Frédéric Beigbeder, hormis ses articles dans Voici qui me faisaient bien rire. Un peu par choix (je ne suis pas très en phase avec le personnage dont le côté « dandy-chic-et-choc » me fatigue), beaucoup par hasard (je n’en ai jamais réellement eu l’occasion et il y a toujours eu un livre que je voulais lire avant). Mais je me suis souvent dit que j’avais tort, et qu’il fallait que je m’y attelle pour voir par moi-même de quoi il retournait. Quand Marion m’a proposé de me prêter Un roman français, qu’elle venait de terminer (elle avait beaucoup aimé, mais Marion aime beaucoup Frédéric Beigdeder), j’ai pensé que le moment était venu…

Il serait probablement faux d’écrire que mon sentiment réservé sur le personnage ne m’influençait pas négativement quant à ce roman, mais j’étais toute disposée à changer d’avis. Sauf que je n’ai pas changé d’avis, et que, au contraire, je me sens maintenant légitime dans ma critique (évidemment, je plaisante…).

Plus sérieusement, j’ai trouvé cette histoire (un quadra parisien, riche et coké, tente, à la faveur d’une nuit en garde de vue, de se remémorer - et donc de nous raconter - sa famille, ses valeurs et son enfance, oubliée) bavarde, nombriliste, décousue, prétentieuse (au bout du cinquième mot que je ne comprenais pas dans un même chapitre, j’ai renoncé à ouvrir un dictionnaire) et auto-complaisante. Peut-être que j’aurais dû insister jusqu’à la fin. Peut-être que je n’aurais pas dû commencer par Un roman français. Peut-être qu’on ne peut pas tous aimer Frédéric Beigbeder.

Écrit par Tamara Writes dans Biographie, Littérature française | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : frédéric beigbeder, grasset, famille, parents, enfance, autobiographie |

mercredi, 23 mars 2011

Intuitions - Dominique Dyens / la vidéo !

Une fois n'est pas coutume, nous vous faisons partager la vidéo de promotion d'un livre !

Les vidéos ou films d'animation deviennent de plus en plus des supports utilisés par les éditeurs ou les auteurs eux-mêmes. Je dois avouer que, lorsqu'ils sont réussis, ils représentent un véritable atout dans une stratégie de communication. Ils permettent de prolonger l'univers d'un livre en images et en mouvement (comme ici pour My Little Paris, ici pour Sois belle "mère" et tais toi ! ou encore ici pour Comme si de rien n'était), et dans le cas présent, à un auteur de s'exprimer et de parler de sa création.

Dans la vidéo d'Intuitions, on découvre le "pitch" de départ mais aussi l'univers du nouveau roman de Dominique Dyens, qui sort le 31 mars aux éditions Héloïse d'Ormesson. L'auteure nous parle de ses personnages, de ses références. Elle nous invite chez elle et on s'y sent déjà un peu chez soi.

Intuitions, c'est donc "l'histoire de deux familles qui n'auraient jamais dû se croiser". Cette vidéo m'a donné envie d'en savoir plus, et j'ai bien l'intention de le lire. Pas vous ?

Écrit par Tamara Writes dans Auteurs, Littérature française, Thriller | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : dominique dyens, héloïse d'ormesson, famille, vidéo, mariage |

lundi, 14 mars 2011

Anaïs - Michael Collado

anais.jpgJ'ai dégusté ce roman comme un dessert, en savourant chaque page, en faisant des petites pauses.

La quatrième de couverture m'avait pourtant un peu effrayée. Elle annonce l'histoire d'une fille mère indifférente à son fils, maîtresse effacée d'un homme très âgé, une femme trop belle et trop fière qui traverse la seconde moitié du XXème siècle avec mélancolie.

Mais j'ai fait confiance à la jaquette, que je trouve si jolie, si poétique. Et j'ai eu raison. Ce roman est une merveille de sensibilité. Le style de Michael Collado m'a séduite au-delà de mes espérances. Il est cruel mais apaisé, doux mais jamais suave, et surtout, surtout, il est remarquablement écrit. J'ai d'ailleurs retrouvé le goût de lire et relire des phrases, juste pour le plaisir...

L'histoire d'Anaïs, que l'on suit de sa naissance à sa mort, est présentée par petites touches, moment par moment, et j'ai eu le sentiment d'entrer un peu par hasard dans son intimité. On la découvre au fur et à mesure que des acteurs de sa vie nous parlent d'elle, lui écrivent, ou qu'elle-même écrive. De petite fille à femme, elle se dévoile, égoïste, attendrissante, perdue peut-être, mais toujours aimée, désirée, choyée.

Avec elle, on traverse les décennies dans le Paris des librairies et des galeries rue de Seine, on assiste aux veillées des morts de sa famille, on danse dans les bals d'été à Saint-Elme... On la suit sans la juger, jamais.

A présent, il ne me reste plus qu'à lire Saint-John Perse, dont la poésie sous-tend le roman de la première à la dernière page.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : michael collado, l'editeur, roman initiatique, poésie, enfance, jeunesse, femme |

vendredi, 25 février 2011

Hôtel Argentina - Pierre Stasse

Couv_hotelargentina.gifC'est dans le cadre de l'opération « Masse critique » organisée par Babelio que j'ai lu Hôtel Argentina, second roman de Pierre Stasse.

Récit initiatique d'un jeune homme de Paris à Buenos Aires ce livre m'a tout d'abord ennuyée. Pour tout vous dire je me suis même forcée à le finir puisqu'il m'était offert en échange d'une critique sur ce blog... Quand, au 2/3 du livre, l'histoire s'est emballée et m'a enfin tenue en haleine. J'ai alors oublié le style trop appuyé, me suis finalement assez intéressée aux personnages pour avoir envie de connaître le dénouement.

Et puisqu'il s'agit ici d'un blog « d'impressions littéraires » j'avoue que la photographie de l'auteur sur le bandeau de couverture a un peu perturbé mon imaginaire. C'est bête mais j'ai complètement assimilé le personnage principal à cet homme blond au visage fin et délicat or il me semble que ça ne collait pas du tout avec le récit.

Bref, Hôtel Argentina ne sera pas pour moi le roman de l'année, mais il m'aura au moins appris une chose : il est parfois bon de laisser sa chance au texte et de forcer un peu la lecture. On peut avoir de belles surprises.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : flammarion, voyage, argentine, buenos aires, roman initiatique |

lundi, 07 février 2011

La joueuse d'échecs - Bertina Henrichs

joueuse-echecs.jpgJ'ai adoré cette histoire ! Une histoire de femme, d'émancipation et de rencontre avec soi-même.

Eleni est femme de chambre sur l'île de Naxos, qu'elle n'a pratiquement jamais quittée. Son quotidien est immuable, partagé entre son travail le matin et sa famille le reste du temps. Son environnement est familier, elle connait tous les habitants de son village. Elle ne se pose pas de questions, elle avance.

Mais sa rencontre avec un échiquier va bouleverser ce bonheur sans relief. Aidée par un vieux professeur, Eleni va découvrir au fond d'elle même une personnalité et des capacités qu'elle avait mises en sommeil. Jouer aux échecs va réveiller ses désirs enfouis et lui faire soudainement prendre conscience de la vie qu'elle mène. Au diable le qu'en-dira-t-on, le machisme et les commérages, elle veut vivre aussi pour elle-même.  

Comment un jeu peut-il conduire à l'isolement  social et affectif ? Jusqu'où peut on aller pour se découvrir ?  

Je ne sais pas jouer aux échecs, mais c'est un jeu qui m'attire. Après avoir lu Le joueur d'échecs de Stefan Zweig, je dois avouer que je l'avais néanmoins un peu assimilé à la folie. Le roman de Bertina Henrichs va d'ailleurs largement dans ce sens...

PS : Pour ceux qui ont lu le livre  / ATTENTION SPOILER

Surligner le paragraphe en dessous pour le lire.

je n'ai pas vu le film "Joueuse" qui en a été tiré (avec Sandrine Bonnaire et Kevin Kline) mais on m'a dit qu'il développait un autre aspect de l'affirmation de soi : Eleni participe à un tournoi (qu'elle gagne contrairement au livre) et en revient transformée. Elle devient une autre, alors que dans le livre elle ne va pas jusqu'à changer de vie. Mais j'imagine qu'il fallait un peu plus de spectaculaire pour le cinéma !

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : bertina henrichs, femme, le livre de poche, grèce, échecs |

lundi, 31 janvier 2011

Éloge de la cellulite et autre disgrâces - Dominique Dyens

dominique dyens.jpgSept histoires déroutantes, dérangeantes, ambiguës et drôles.

Ce recueil de nouvelles semble exclusivement destiné aux femmes. D'ailleurs le titre et la couverture annoncent la couleur : rose !

On y croise une galerie de portraits auxquels on n'a pas vraiment le temps de s'attacher, mais qui nous plongent totalement dans leur univers. Avec un ton parfois désabusé ("Eloge de la cellulite"), excentrique ("La vengeance de Clarissa") ou encore revendicatif ("La ménagère de moins de cinquante ans").

Dominique Dyens a créé un monde parallèle où ses nouvelles se répondent les unes aux autres. Un personnage croisé dans une nouvelle devient le héros principal de la suivante et on retrouve quelques inventions croustillantes comme les MCFR dans plusieurs histoires. Ah ! les MCFR, maison closes pour femmes respectables...

Je ne suis pas sortie indemne de la lecture de "La soumission de Marie", cette épouse docile qui se prostitue pour faire signer un client de son mari. A chaque page on imagine la version filmée. Tout y est très, disons...visuel. J'ai d'ailleurs frôlé la scène de ménage tant j'étais énervée, retournée après l'avoir lue.

J'ai finalement moins aimé les deux premières nouvelles qui font directement appel aux stéréotypes féminins (chirurgie esthétique vs ménagère), mais les suivantes m'ont beaucoup plu !

Ma préférée reste "Noces de verre", une histoire top avec une chute top. Je n'en dirai pas plus au risque de gâcher votre lecture !

Écrit par Tamara Writes dans Humour, Littérature française, Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : dominique dyens, héloïse d'ormesson, amour, femmes, chick lit |

 
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