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vendredi, 21 janvier 2011

No et moi - Delphine de Vigan

no et moi.jpgJe suis heureuse d'avoir fait confiance au "Prix des libraires".

Ce roman l'a reçu en 2008, et il a ensuite été adapté (cette année !) au cinéma par Zabou Breitman. Je crois qu'il a d'ailleurs bien marché, et cela ne m'étonne pas. Cette histoire est géniale.

C'est celle d'une amitié éperdue entre une ado surdouée et une jeune SDF. La vie de chacune va être bouleversée par cette rencontre : leur quotidien, leurs certitudes et même leurs espoirs vont changer. La vie de Lou, 13 ans et déjà au lycée, était partagée entre une scolarité brillante, une sociabilité inexistante, une vie intérieure intense et une vie familiale pesante. Sa rencontre avec No va faire exploser ses repères : exit la timidité, bonjour les prises de risques.

Car c'est de cela dont il s'agit : prendre des risques, ne pas craindre de mettre son confort en danger pour avancer.

Ce roman m'a tellement embarquée que j'ai failli rater mon arrêt de bus plusieurs fois. Il faudrait que j'aille voir le film maintenant...

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature française, Prix littéraire | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : delphine de vigan, jc lattès, zabou breitman, cinema, film, adolescents, ados, sdf, exclusion, lycée |

mercredi, 12 janvier 2011

Le cimetière des poupées - Mazarine Pingeot

pingeot-cimetiere.jpgDès les premières lignes le malaise s'installe. Une femme écrit sa douleur, et elle a l'air si folle que j'ai peur d'elle. Elle raconte son mal-être et elle râle, mais je ne veux pas l'écouter.

C'est à la quinzième page que le déclic a eu lieu, je me suis subitement rendue compte qu'il s'agissait du livre que Mazarine Pingeot avait écrit au sujet d'une infanticide. J'avais entendu parler du livre au moment où l'affaire des "bébés congelés" est sortie. Et puis je l'avais oublié. On a dit à l'époque qu'elle s'était directement inspirée du cas de Véronique C. On m'a prêté ce livre sans me le préciser...

Je n'ai pas pu poursuivre, cela m'est physiquement impossible. Je ne veux pas rentrer dans le tête d'une telle femme. Je suis maman et cette histoire m'épouvante.

Qui a pu aller au bout de ce livre ? Ai-je tort d'abandonner ?

 

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : mazarine pingeot, julliard, meurtre, infanticide, famille, criminalité, prison, véronique courjault |

lundi, 27 décembre 2010

Confidences à Allah - Saphia Azzeddine

Confidences à Allah.jpgEntretenir une conversation avec Dieu présente plusieurs avantages : Il est disponible partout et à toute heure ; Il offre toujours une oreille attentive ; Il ne coupe pas la parole ; Il ne contredit jamais, etc. Toutes ces raisons expliquent pourquoi Jbara (une petite bergère crasseuse, malodorante et pourtant, extrêmement belle), apprécie tant ses monologues avec Allah.

Tandis qu’elle s’adresse à Dieu (et au lecteur), Jbara raconte avec humour sa quête d’une vie meilleure. Inutile de dire que ses dilemmes sont quotidiens, puisqu’elle bâtit son ascension sociale dans le pêché : son corps devient vite sa seule arme pour goûter à l’inaccessible « rêve l’mirikan » (ou "rêve américain" sans l'accent).

Malgré la naïveté apparente des propos, les raisonnements de Jbara mettent le doigt sur des problématiques dignes de créer la polémique lors de débats érudits. Dieu existe-t-il ? En quoi les lois divines seraient-elles plus justes que celles des hommes (et vice versa) ? Certains ne devraient-ils pas bénéficier de circonstances atténuantes ? Du coup, ses interrogations nous interpellent. On se demande si on a le droit de juger, ce que nous aurions fait à sa place.

Croyant ou non, chacun de nous a une conscience, si bien que l’on en vient forcément un jour à exprimer ce type de confidences, quel qu’en soit le destinataire.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : saphia azzeddine, editions léo scheer, conversation, dieu, allah, prostitution |

lundi, 20 décembre 2010

Peau de caniche - Dominique Zehrfuss

zehrfuss-peau-de-caniche3.gifCe billet est désormais disponible sur la nouvelle adresse du blog : http://www.lectricesandthecity.fr/peau-de-caniche-dominiq... 

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Biographie, Littérature française | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dominique zehrfuss, famille, tunisie, modiano, femme, enfance, mercure de france |

lundi, 13 décembre 2010

Bifteck - Martin Provost

bifteck.jpgUne jolie fable au pays des côtelettes et des faux-filets.

Je voulais lire une petite nouvelle sympa, distrayante et surtout, surtout, pas cérébrale (il faut savoir faire des pauses). J'ai été servie.

André Plomeur, né boucher-charcutier comme d'autres naissent notaires, est un garçon un peu gras, un peu quelconque, mais très doué. Très doué pour faire chanter la chair des femmes. Son don un peu particulier fait rapidement la fortune du commerce familial, dans lequel toute la gente féminine quimpéroise se presse et s'affole, un peu comme le Zohan dans son salon de coiffure à New York (d'autant que les hommes manquent en 1915). Sauf que notre amant de génie se retrouve vite à la tête d'une ribambelle de marmots (et oui, les maris sont de retour en 1918...), qu'il va décider d'élever seul, trop heureux de donner de l'amour et un sens à sa vie.

Commence alors une épopée onirique sur terre, en mer et sur une île imaginaire qui vaut le détour. Martin Provost nous livre ici une jolie fable sur le don de soi et j'ai passé un bon moment avec ses héros, mais malheureusement la fin se termine un peu en queue...en tire bouchon.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature française, Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : martin provost, famille, fable, voyage, humour |

mardi, 07 décembre 2010

Le Jour du Roi – Abdellah Taïa (Prix de Flore 2010)

Abdellah-Taia-remporte-le-prix-de-Flore-2010-pour-Le-jour-du-Roi_reference.jpgDeux adolescents. Omar, le pauvre, et Khalid, le riche. L’un souhaiterait être l’autre. L’autre ne s’imagine pas bien différent de son ami. En apparence...

Dès les premières lignes, tandis qu’Omar rêve de sa rencontre avec le roi, le statut social se révèle être la principale angoisse du jeune garçon. On devine d’ores et déjà les graines de la jalousie qui germera au fil des pages. Ce dont on ne se doute pas, c’est de la dimension subversive de l’histoire qui va suivre.

Brisant les tabous religieux et culturels, Abdellah Taïa dresse un portrait critique et inattendu du royaume d’Hassan II. Un portrait dans lequel les musulmans consomment de l’alcool, l’adultère dicte sa loi, les mères de familles se prostituent et l’homosexualité est suggérée. Entre croyances religieuses et mystiques, les riches tiennent les rênes du pouvoir, opprimant les pauvres acculés aux pires malheurs.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française, Prix littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : abdellah taïa, seuil, amitié, maroc, adolescents |

mercredi, 24 novembre 2010

Questions à mon père - Eric Fottorino

eric-fottorino-romanesque-elucide-reel-L-2.jpeg"Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard".

Ce récit émouvant aux larmes (il m'a été difficile de rester stoïque à la lecture de certaines pages) est un long poème dédié à son père par Eric Fottorino. 

Son "vrai père" ? Là est le nœud de sa vie.

Éric a longtemps cru avoir été abandonné à sa naissance par un père trop préoccupé par sa réussite professionnelle (il est accoucheur, quelle ironie). Il avait en réalité été écarté par les parents de sa jeune amie qui ne voulaient pas d'un juif marocain pour gendre. Officiellement de "père inconnu" jusqu'à ses 10 ans, Éric sera adopté par le mari de sa mère, Michel Fottorino, lui-même originaire d'Afrique du Nord et qui lui a ainsi donné un nom, son nom.

De ses 17 ans, où il rencontre Maurice Maman (sic) pour la première fois, à ses cinquante ans aujourd'hui, Eric mesure le gâchis auquel il aura largement contribué. Pendant plus de trente ans, pour lui faire payer cet abandon originel, il l'aura repoussé, renié, nié.

A présent Michel est malade et Eric reçoit en pleine face la bêtise et l'absurdité de son comportement. Il veut rattraper le temps, il court, il veut tout savoir de ses origines, de Mardochée, de Fréha, de Tanger et de cette Oasis du Tafilalet où tout a commencé.   

Ce livre est écrit dans une urgence désespérée, celle de retenir son père à la vie par des questions, en le faisant parler de son histoire.

On le referme un peu chamboulé. Mais aussi reconnaissant de s'être fait rappeler que c'est aussi le rôle des enfants de reconnaître leurs parents.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Biographie, Littérature française | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : eric fottorino, nrf, gallimard, famille, origine |

lundi, 15 novembre 2010

Gamines - Sylvie Testud

gamines_testud.jpg

Sylvie Testud est une comédienne que j'apprécie. Je viens de terminer son roman Gamines et ma sympathie pour cette fille n'a fait qu'amplifier ! J'ai beaucoup aimé ce livre mi-roman, mi-récit autobiographique.

Gamines, c'est donc l'histoire de Sybille, Corinne et Georgette. Trois sœurs qui vivent à la Croix Rousse, un quartier populaire de Lyon, avec leur mère célibataire. Sybille / Sylvie est la narratrice, et raconte avec sa gouaille d'enfant la vie quotidienne : l'école, les vacances, les fêtes dans le clan familial, etc. C'est hyper touchant parce qu'on sent vite que la vie est bien compliquée pour leur maman même si les petites ne sont pas malheureuses.

En fait le père est inexistant et comme le sujet est ultra tabou au sein de la famille, "Il" devient la source de tous les fantasmes des trois fillettes. "Il" est parti quand Sybille avait 2 ans et les filles n'ont qu'une photo chapardée à leur mère pour se souvenir de lui. Evidemment le ressenti des enfants ne correspond pas franchement à la réalité et je vous laisse lire le livre pour découvrir les raisons de son absence.

Ce texte est tendre, drôle et bienveillant. Il a été adapté au cinéma l'année dernière par Eléonore Faucher. Je vais chercher le DVD et surtout, je vais acheter les deux autres romans de Sylvie Testud : Il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir et Le ciel t'aidera.

Écrit par Noémie dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : enfance, actrice, sylvie testud, lyon, le livre de poche |

mercredi, 10 novembre 2010

Les Déferlantes – Claudie Gallay

Les Déferlantes.jpgCe billet est désormais consultable sur notre nouvelle adresse de blog : http://www.lectricesandthecity.fr/les-deferlantes-claudie...

Écrit par Mélanie dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : claudie gallay, j’ai lu, amour, cotentin |

mardi, 09 novembre 2010

Millefeuille de onze ans - Isabelle Jarry

Millefeuille de onze ans.jpg« Tout individu connait sa révélation et rencontre tôt au tard le livre qui lui montre le chemin (…). Tout alors devient clair, et l’on voit distinctement le chemin à suivre, on est appelé, aspiré par cette nouvelle voie qui s’ouvre à nous, radieuse et engageante comme un sentier gravissant une montagne de diamant jusqu’au sommet brillant de mille feux étincelants ».

A onze ans, Isabelle Jarry ne sait pas encore qu’elle deviendra écrivain. C’est pourtant à partir de son entrée en sixième que la petite parisienne commence inconsciemment à poser les jalons de ce qui deviendra sa future profession.

L’auteure raconte la naissance d’un écrivain, telle la transformation d’une chrysalide en papillon : le désintérêt pour les sujets qui passionnent les filles de son âge, les journées passées à la bibliothèque, l’amour du grec et du latin, la lecture du moindre ouvrage, les mille feuilles de carnets noircies de textes sans intérêt, les heures de contemplation de la nature et des hommes …

Bien que le récit ressemble plus à une compilation de souvenirs de son année scolaire, plutôt qu’à une histoire chronologique, le texte est indéniablement touchant. L’adulte porte un regard ému sur l’enfant qu’elle était, la remerciant de lui avoir permis de devenir un écrivain reconnu.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : isabelle jarry, stock, folio, écrivain, écriture, paris |

 
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