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vendredi, 15 octobre 2010

Cantique de la racaille - Vincent Ravalec

Cantique-de-la-racaille.jpgSouvent, c'est en lisant des articles sur la parution de la suite d'un roman, que j'apprends qu'il existe un premier tome. C'est le cas de Cantique de la Racaille, un titre que j'ai découvert au moment de la sortie de l'Opus 2.

Au premier abord, Gaston, le héros, ne correspond pas vraiment à mon type d'homme. Magouilleur de bas étage, il vit de petits délits, travaille pour des criminels plus ou moins gros, et fréquente une ribambelle de laissés-pour-compte, en marge de la société. Marie-Pierre, sa compagne, est "canon", mais mineure : il l'a prise en stop au bord d'une route de campagne, un soir de pluie.

Et puis finalement, même si Gaston n'est pas né avec une cuillère en argent dans la bouche, et même si sa morale semble parfois douteuse, il porte en lui une rage de réussir qui force l'admiration. On se prend d'affection pour le personnage au grand coeur, on loue son ambition. Et on croise les doigts pour qu'il s'en sorte enfin, bien que son affaire soit loin d'être légale...

C'est ainsi que l'on se réjouit de son ascension sociale fulgurante. En seulement douze mois. Mais, ne dit-on pas que la patience est le courage de la vertu, ou encore, la meilleure des sagesses ? Et à trop fricoter avec les méchants, on se crée des ennemis...

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : vincent ravalec, racaille, magouilles, paris, criminalité, flamamarion |

mardi, 12 octobre 2010

Dans ma tête - Arnaud Roussel

Dans ma tête.jpgDans la tête de qui? Dans la tête d'Alexandre, 23 ans, handicapé moteur et mental.

Depuis sa naissance, Alexandre n'a jamais quitté le cocon familial. Jusqu'au jour où, il commet une bêtise qu'il ne comprend pas vraiment.

Sur les conseils d'une éducatrice, Alexandre séjourne provisoirement dans un foyer spécialisé, afin de recevoir des soins appropriés.  Là, le jeune homme que tous croient incapable de communiquer avec le monde qui l'entoure, découvre un nouvel univers, rempli de joies, de peines et de peurs...

Il fallait oser. Oser se mettre dans la peau d'un handicapé. Oser lui prêter des propos, des sensations, des pensées et des sentiments... Arnaud Roussel ose. Avec un ton très juste, sans misérabilisme et sans fausse pudeur. Le pari est réussi : on plonge si bien dans la tête d'Alexandre, que l'on finit souvent par oublier que de l'extérieur, il est si différent...

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arnaud roussel, les nouveaux auteurs, handicap, foyer |

samedi, 09 octobre 2010

Le Fait du Prince - Amélie Nothomb

Le fait du prince.jpgQue faire si un inconnu meurt d’une crise cardiaque au milieu de votre salon ?

a) Vous ne recevez jamais d’inconnus

b) Vous déplacez le corps sur le palier

c) Vous usurpez l’identité du mort

Amélie Nothomb opte pour la dernière solution, en guise de point de départ à son roman Le Fait du prince.

Baptiste Bordave, parisien plus qu’ordinaire, ne voit aucun inconvénient à troquer son quotidien insipide pour celui d’Olaf Sildur. Au contraire. Le mystérieux suédois qui vient de rendre l’âme chez lui a les poches remplies d’argent liquide, conduit une Jaguar et vit à Versailles. En homme pratique, Baptiste quitte son domicile avec un objectif : s’accaparer la femme du défunt, qu’il imagine sous les traits d’une jeune et belle scandinave.

Ce livre, drôle et absurde, se lit d’un trait (un aller-retour en métro). Mais je ne peux m’empêcher de rester sur ma faim. Le récit compte trop de questions sans réponse, or je n’apprécie le suspense que lorsqu’on n’y met un terme. Sinon, mon sentiment se transforme en frustration, comme c’est le cas pour Le Fait du prince. Il se peut également que la portée philosophique du roman m’échappe totalement et je reconnais volontiers mes lacunes en la matière.

Pour info : dans le langage courant, le fait du prince désigne un acte arbitraire du gouvernement, désigne en droit administratif français, une mesure prise par l'administration qui a un impact sur un contrat auquel elle est partie. La théorie du "fait du Prince" prévoit que le cocontractant de l'administration a alors droit à une indemnisation intégrale des frais causés par cette mesure, si cette mesure a perturbé la réalisation des travaux prévus par le contrat. (Wikipédia)

 

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : amélie nothomb, identité, usurpation, albin michel |

jeudi, 23 septembre 2010

Absolument dé-bor-dée ! Ou le paradoxe du fonctionnaire - Zoé Shepard

Absolument débordée.jpgNombreux sont les clichés qui existent quand il s'agit d'évoquer le manque d'efficacité des agents de la fonction publique française. Je n'ai pas d'avis arrêté sur la question, mais je constate que dans le secteur privé, bon nombre d'employés brassent du vent (surtout depuis chacun dispose d'un accès à Internet). J'ai d'ailleurs eu le sentiment que l'inscription qui figure sur la jaquette du livre de Zoé Shepard était destinée à certains de mes collègues, passés maître dans l'art de "faire les 35 heures en un mois".

Dans Absolument dé-bordée!, l'auteur dresse un portait cinglant de la vie de fonctionnaire. Elle raconte comment, Bac +8 en poche, elle doit chaque jour se forcer à ne rien faire, afin de ne pas perturber le bon fonctionnement de son service. Service où les chefs n'ont pas forcément le bac (mais couchent avec les bonnes personnes), et dans lequel tous ses collègues  sont... débordés. Entre aller à la machine à café, assister à des pots de départ, organiser des anniversaires ou taper un compte-rendu de cinq lignes en moins de 3 jours, il y a de quoi ne plus savoir où donner de la tête.

Bref, ce roman à l'humour corrosif est hi-la-rant, et mériterait d'être offert à tous les habitués des réunions internes qui s'éternisent...

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : zoé shepard, albin michel, fonctionnaire, humour |

mardi, 21 septembre 2010

Mon évasion - Benoîte Groult

Mon évasion Benoite Groult.jpgQuelles sont les chaînes à briser ? Quelle prison faut-il fuir ?

Benoîte Groult nous emmène pas à pas dans la lente, très lente, éclosion de son moi. Un moi aujourd'hui fort, serein et plus que jamais féminin.

Elle se raconte sans fard, de ses faiblesses à ses victoires. Il aura fallu trois maris, trois enfants, des dizaines d'années et un déclic pour que Benoîte ose faire entendre sa voix de femme. Il lui aura fallu affronter les tabous, les déterminismes, le poids des traditions, les critiques violentes et sa propre pudeur pour écouter son coeur et son ambition d'écrivaine.

Ce livre plein de bonté et d'intelligence mérite d'être lu par toutes les femmes, et surtout celles qui croient encore que leur condition limite leurs espérances.

Mon évasion de Benoîte Groult expose les difficultés d'être une femme hier et aujourd'hui. Elle pointe du doigt les archaïsmes encore solidement ancrés en chacun(e) de nous, par paresse ou par ignorance, et qui ralentissent la reconnaissance des femmes dans la complexité de leurs existences (ah, la féminisation des noms ! J'étais sceptique, elle m'a convaincue).

Le gymkhana working girl, femme, mère, épouse, c'est déjà notre quotidien. Avec ce livre, apprenons à déculpabiliser et à savourer chaque pas.

Car après tout, on ne nait pas femme, on le devient.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Biographie, Littérature française | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : benoîte groult, femmes, le livre de poche |

samedi, 28 août 2010

La Disparition de Paris et sa renaissance en Afrique - Martin Page

La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique.jpgDe Paris au continent africain, il n'y a parfois qu'un livre... A l'instar du roman de Martin Page, La Disparition de Paris et sa Renaissance en Afrique.

On y rencontre Mathias, employé municipal modèle à la mairie de Paris, dont la routine se trouve bouleversée lorsque le maire lui confie une mission délicate : trouver un moyen de réparer l'outrage commis envers Fata Okumi, femme d'affaires africaine millionnaire et victime d'une bavure policière lors d'un voyage à Paris. La municipalité craint la fureur de cette femme, qui pourrait causer à elle seule de sérieux dégâts, tant d'un point vue économique que politique.

Il n'est pas nécessaire d'être comme moi, parisienne d'origine africaine, pour apprécier la richesse de cet ouvrage. L'aspect qui m'a le plus séduite, c'est d'assister à l'évolution du personnage. Un homme, qui n'est pour ainsi dire "jamais sorti" de chez lui, et qui apprend à connaître une famille de parfaits inconnus, issus d'une culture dont il ignore tout, et finit par se prendre d'une réelle affection pour eux.

Bref, ce livre ne fait que confirmer une de mes croyances profondes : l'avenir réside dans l'échange, le mélange et le partage des cultures.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, martin page, paris, l'olivier |

mardi, 24 août 2010

Le Comte de Monte-Cristo - Alexandre Dumas

Le Comte de Monte-Cristo.jpgCe billet est désormais disponible sur la nouvelle adresse du blog : http://www.lectricesandthecity.fr/le-comte-de-monte-crist...

Écrit par Tamara Writes dans Littérature classique, Littérature française | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alexandre dumas, la pléiade |

jeudi, 03 juin 2010

La Valse Lente des Tortues - Katherine Pancol

La Valse lente des tortues.jpg673 pages dévorées en cinq jours : un record que je que je qualifierais de second effet Katherine Pancol.

La Valse Lente des Tortues se révèle une suite largement à la hauteur du premier volume de cette série (Les Yeux Jaunes des Crocodiles). On retrouve les même personnages, tout aussi attachants, et des nouveaux, passionnément intrigants.

Au-delà de la saga familiale, l’auteur développe une intrigue policière parallèle, sans jamais s’éloigner de l’esprit du roman. Même la petite touche paranormale ne dénote pas un seul instant.

Ainsi, au fil des pages, on valse sur la vie et les sentiments ; on découvre qu’il existe des manuels catholiques d’économie domestique pour les femmes ; ou encore que « Sex is about to be slow »…

Bref : « Qu’est-ce qui est « normal », Jo ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ? Who knows ? Et qui décide de la norme ? ».

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : katherine pancol, portraits, femmes, famille, albin michel |

dimanche, 23 mai 2010

Le Portail - François Bizot

Le Portail.jpgLa parution de ce livre date de 2000 mais je n’ai jamais trouvé le courage de l’attaquer avant, préférant des thèmes plus légers. Ce récit poignant m’a plongé au cœur d’événements historiques dont j’avais vaguement entendu parler.

Le résumé : François Bizot, membre de l'École française d'Extrême-Orient, est fait prisonnier au Cambodge par les Khmers rouges, en 1971. Enchaîné, il passe trois mois dans un camp de maquisards. Chaque jour, il est interrogé par l'un des plus grands bourreaux du XXe siècle, futur responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts, aujourd'hui jugé pour crimes contre l'humanité : Douch.

Au moment de la chute de Phnom Penh, en 1975, François Bizot est désigné par les Khmers rouges comme l'interprète du Comité de sécurité militaire de la ville chargé des étrangers auprès des autorités françaises. Il est le témoin privilégié d'une des grandes tragédies dont certains intellectuels français ont été les complices.

Pour la première fois, François Bizot raconte sa détention, décrit une révolution méconnue, démonte les mécanismes de l'épouvante et fait tomber le masque du bourreau monstre. Grâce à une écriture splendide et à un retour tragique sur son passé, l'auteur nous fait pénétrer au cœur du pays khmer, tout en nous dévoilant les terribles contradictions qui – dans les forêts du Cambodge comme ailleurs – habitent l'homme depuis toujours.

Un passage qui m’a marqué : « La villa de l’Ecole avait été pillée par les rôdeurs, saccagée par les soldats, remuée de fond en comble (…). Des flaques d’urine inondaient le carrelage de la salle à manger. Dans la salle de bains du premier, le bidet était rempli à moitié d’excréments. D’autres déjections souillaient le sol entre les rayonnages de la bibliothèque… Ebranlé jusqu’au fond de moi, je sortis la jeep du garage et en chargeai rapidement le remorque, méditant sur cette âpreté de l’homme à saisir toutes les occasions de gain, et sur son attrait instinctif à souiller et à violer ».

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : françois bizot, khmers rouges, témoignage, la table ronde |

vendredi, 09 avril 2010

Les Yeux jaunes des crocodiles - Katherine Pancol

Les yeux jaunes.jpgLe roman Les Yeux jaunes des crocodiles met en scène deux sœurs que tout oppose. Iris, belle riche, élégante, parisienne et superficielle. Joséphine, des kilos en trop, des problèmes d’argent, mal dans sa peau, banlieusarde et extrêmement brillante. A cause d’un mensonge de la belle Iris, Joséphine devient le nègre de sa sœur et écrit le best-seller de la saison.

Ajoutez à cela le tourbillon de la vie d’une dizaine d’autres personnages tout aussi attachants, perturbés, voire pervers, on obtient un livre qui parle non seulement de sentiments, mais surtout d’écriture. Et quand la littérature ose se regarder le nombril, le résultat s’avère aussi efficace que la meilleure série américaine ou telenovela mexicaine.

 

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : katherine pancol, femmes, portraits, famille, albin michel |

 
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