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vendredi, 25 mars 2011

Un roman français – Frédéric Beigbeder

1282669745.jpgAu risque de me faire beaucoup d’ennemis, je choisis de le dire d’emblée : je n’ai pas aimé. Tellement pas aimé que je n’en ai pas terminé la lecture, ce qui est assez rare.

Je fais partie de ces rares personnes (en tout cas les mines désolées à chaque fois que je fais cet aveu me portent à le croire) à n’avoir pas lu 99 francs, ni rien d’autre de Frédéric Beigbeder, hormis ses articles dans Voici qui me faisaient bien rire. Un peu par choix (je ne suis pas très en phase avec le personnage dont le côté « dandy-chic-et-choc » me fatigue), beaucoup par hasard (je n’en ai jamais réellement eu l’occasion et il y a toujours eu un livre que je voulais lire avant). Mais je me suis souvent dit que j’avais tort, et qu’il fallait que je m’y attelle pour voir par moi-même de quoi il retournait. Quand Marion m’a proposé de me prêter Un roman français, qu’elle venait de terminer (elle avait beaucoup aimé, mais Marion aime beaucoup Frédéric Beigdeder), j’ai pensé que le moment était venu…

Il serait probablement faux d’écrire que mon sentiment réservé sur le personnage ne m’influençait pas négativement quant à ce roman, mais j’étais toute disposée à changer d’avis. Sauf que je n’ai pas changé d’avis, et que, au contraire, je me sens maintenant légitime dans ma critique (évidemment, je plaisante…).

Plus sérieusement, j’ai trouvé cette histoire (un quadra parisien, riche et coké, tente, à la faveur d’une nuit en garde de vue, de se remémorer - et donc de nous raconter - sa famille, ses valeurs et son enfance, oubliée) bavarde, nombriliste, décousue, prétentieuse (au bout du cinquième mot que je ne comprenais pas dans un même chapitre, j’ai renoncé à ouvrir un dictionnaire) et auto-complaisante. Peut-être que j’aurais dû insister jusqu’à la fin. Peut-être que je n’aurais pas dû commencer par Un roman français. Peut-être qu’on ne peut pas tous aimer Frédéric Beigbeder.

lundi, 14 mars 2011

Anaïs - Michael Collado

anais.jpgJ'ai dégusté ce roman comme un dessert, en savourant chaque page, en faisant des petites pauses.

La quatrième de couverture m'avait pourtant un peu effrayée. Elle annonce l'histoire d'une fille mère indifférente à son fils, maîtresse effacée d'un homme très âgé, une femme trop belle et trop fière qui traverse la seconde moitié du XXème siècle avec mélancolie.

Mais j'ai fait confiance à la jaquette, que je trouve si jolie, si poétique. Et j'ai eu raison. Ce roman est une merveille de sensibilité. Le style de Michael Collado m'a séduite au-delà de mes espérances. Il est cruel mais apaisé, doux mais jamais suave, et surtout, surtout, il est remarquablement écrit. J'ai d'ailleurs retrouvé le goût de lire et relire des phrases, juste pour le plaisir...

L'histoire d'Anaïs, que l'on suit de sa naissance à sa mort, est présentée par petites touches, moment par moment, et j'ai eu le sentiment d'entrer un peu par hasard dans son intimité. On la découvre au fur et à mesure que des acteurs de sa vie nous parlent d'elle, lui écrivent, ou qu'elle-même écrive. De petite fille à femme, elle se dévoile, égoïste, attendrissante, perdue peut-être, mais toujours aimée, désirée, choyée.

Avec elle, on traverse les décennies dans le Paris des librairies et des galeries rue de Seine, on assiste aux veillées des morts de sa famille, on danse dans les bals d'été à Saint-Elme... On la suit sans la juger, jamais.

A présent, il ne me reste plus qu'à lire Saint-John Perse, dont la poésie sous-tend le roman de la première à la dernière page.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : michael collado, l'editeur, roman initiatique, poésie, enfance, jeunesse, femme |

lundi, 07 mars 2011

Le monde selon Fawad - Andrea Busfield

Fawad.jpgL'Afghanistan d'aujourd'hui n'est pas vraiment un terrain de jeu idéal pour un garçon de onze ans. Mais Fawad est lumineux, espiègle, courageux. Il traverse les épreuves avec intelligence.

Ce roman est son histoire pendant un peu plus d'un an. Il y passe de la plus extrême pauvreté au confort d'une maison d'expatriés occidentaux, où sa maman devient cuisinière. J'ai été touchée par cette histoire, entre survie et espoir. Et par son style, direct.

Fawad porte sur le monde et ses étranges nouveaux amis un regard étonné, tantôt amusé, tantôt désespéré. Il nous ouvre son univers : sa famille endeuillée par la guerre, ses cousins et leurs petits business, ses amis de la rue et bien sûr, les occidentaux (ONG, médecin, journaliste...) qui l'ont pris sous leur aile. On y croise aussi un chef de guerre afghan, des taliban. On voyage entre Kaboul et Jalalabad, en passant par Shinwar.  

Pas de manichéisme ici et pas de simplification à outrance, Andrea Busfield dresse un portrait contrasté d'un pays déchiré. On plonge dans une culture très riche et codifiée, dans un univers qui n'est finalement pas si lointain.

On m'a aussi beaucoup parlé des Cerfs volants de Kaboul de Khaled Hosseini alors je crois que je vais entamer un cycle afghan !

Merci à Florence de m'avoir prêté ce livre inattendu.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : andrea busfield, pocket, afghanistan, jeunesse, enfance, guerre |

vendredi, 07 janvier 2011

Grosse colère - Mireille d'Allancé

grosse colère.gifMon petit chat n°1 a reçu ce livre pour Noël. Et depuis, on le lit tous les jours, à sa demande, plusieurs fois par jour...

Cette courte histoire illustrée est une petite merveille d'éducation au service des parents qui cherchent à gérer les petites crises de leurs enfants, et au service des enfants eux-mêmes qui ne parviennent pas à exprimer ce qu'ils ressentent lorsqu'ils sont en colère.

C'est l'histoire de Robert (4-5 ans j'imagine) qui a passé "une très mauvaise journée" et qui passe ses nerfs sur son papa. Puni dans sa chambre, il va laisser s'exprimer sa colère, une grosse chose rouge qui va abimer tout ce qui lui tombe sous la main. Au fur et à mesure des exactions de "la Chose", Robert va se désolidariser de la colère et lui ordonner de se calmer, pour enfin réparer lui-même les dégâts. En dissociant la colère, qui devient un personnage à part entière, du petit garçon, l'auteure permet aux enfants de mieux appréhender ce qu'ils ressentent. Ils peuvent alors comprendre qu'une même personne n'est pas forcément gentille ou méchante de façon linéaire, mais passe par différentes humeurs qu'il faut savoir maîtriser.

En tous cas, gros succès chez moi, petit chat en redemande. Et chez vous, qu'est ce qui marche ?

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans BD, Littérature jeunesse, Puériculture | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : mireille d'allancé, l'école des loisirs, éducation, enfance, jeunesse |

lundi, 20 décembre 2010

Peau de caniche - Dominique Zehrfuss

zehrfuss-peau-de-caniche3.gifCe billet est désormais disponible sur la nouvelle adresse du blog : http://www.lectricesandthecity.fr/peau-de-caniche-dominiq... 

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Biographie, Littérature française | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dominique zehrfuss, famille, tunisie, modiano, femme, enfance, mercure de france |

lundi, 15 novembre 2010

Gamines - Sylvie Testud

gamines_testud.jpg

Sylvie Testud est une comédienne que j'apprécie. Je viens de terminer son roman Gamines et ma sympathie pour cette fille n'a fait qu'amplifier ! J'ai beaucoup aimé ce livre mi-roman, mi-récit autobiographique.

Gamines, c'est donc l'histoire de Sybille, Corinne et Georgette. Trois sœurs qui vivent à la Croix Rousse, un quartier populaire de Lyon, avec leur mère célibataire. Sybille / Sylvie est la narratrice, et raconte avec sa gouaille d'enfant la vie quotidienne : l'école, les vacances, les fêtes dans le clan familial, etc. C'est hyper touchant parce qu'on sent vite que la vie est bien compliquée pour leur maman même si les petites ne sont pas malheureuses.

En fait le père est inexistant et comme le sujet est ultra tabou au sein de la famille, "Il" devient la source de tous les fantasmes des trois fillettes. "Il" est parti quand Sybille avait 2 ans et les filles n'ont qu'une photo chapardée à leur mère pour se souvenir de lui. Evidemment le ressenti des enfants ne correspond pas franchement à la réalité et je vous laisse lire le livre pour découvrir les raisons de son absence.

Ce texte est tendre, drôle et bienveillant. Il a été adapté au cinéma l'année dernière par Eléonore Faucher. Je vais chercher le DVD et surtout, je vais acheter les deux autres romans de Sylvie Testud : Il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir et Le ciel t'aidera.

Écrit par Noémie dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : enfance, actrice, sylvie testud, lyon, le livre de poche |

 
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