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lundi, 14 mars 2011

Anaïs - Michael Collado

anais.jpgJ'ai dégusté ce roman comme un dessert, en savourant chaque page, en faisant des petites pauses.

La quatrième de couverture m'avait pourtant un peu effrayée. Elle annonce l'histoire d'une fille mère indifférente à son fils, maîtresse effacée d'un homme très âgé, une femme trop belle et trop fière qui traverse la seconde moitié du XXème siècle avec mélancolie.

Mais j'ai fait confiance à la jaquette, que je trouve si jolie, si poétique. Et j'ai eu raison. Ce roman est une merveille de sensibilité. Le style de Michael Collado m'a séduite au-delà de mes espérances. Il est cruel mais apaisé, doux mais jamais suave, et surtout, surtout, il est remarquablement écrit. J'ai d'ailleurs retrouvé le goût de lire et relire des phrases, juste pour le plaisir...

L'histoire d'Anaïs, que l'on suit de sa naissance à sa mort, est présentée par petites touches, moment par moment, et j'ai eu le sentiment d'entrer un peu par hasard dans son intimité. On la découvre au fur et à mesure que des acteurs de sa vie nous parlent d'elle, lui écrivent, ou qu'elle-même écrive. De petite fille à femme, elle se dévoile, égoïste, attendrissante, perdue peut-être, mais toujours aimée, désirée, choyée.

Avec elle, on traverse les décennies dans le Paris des librairies et des galeries rue de Seine, on assiste aux veillées des morts de sa famille, on danse dans les bals d'été à Saint-Elme... On la suit sans la juger, jamais.

A présent, il ne me reste plus qu'à lire Saint-John Perse, dont la poésie sous-tend le roman de la première à la dernière page.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : michael collado, l'editeur, roman initiatique, poésie, enfance, jeunesse, femme |

vendredi, 11 mars 2011

Mygale – Thierry Jonquet

Mygale.jpgRichard Lafargue est un chirurgien-plasticien de renom. Il séquestre Eve, jeune femme à la beauté parfaite, dans sa grande propriété du Vésinet. Vincent a été enlevé il y a quatre ans, un soir de fin d'été sur une route de campagne. En tuant un jeune flic père de famille, Alex est passé du statut de petit malfrat à celui criminel activement recherché.

Richard, Eve, Vincent et Alex sont les quatre personnages de ce roman polyphonique noir, très noir, qui plonge le lecteur dans un cauchemar. Quatre personnages que le lecteur va lentement découvrir, à coups d'informations aussi inattendues que sombres, distillées avec une inquiétante parcimonie. Quatre personnages dont le lecteur va peu à peu comprendre qu'ils sont liés par l'horreur. Et comme souvent dans les romans policiers, en tout cas ceux qui sont réussis, je ne peux pas en dire plus sans en dire trop...

Je peux en revanche ajouter que le récit de Thierry Jonquet est court, précis, percutant, presque imagé tant le ton est juste (on imagine sans peine une adaptation à l'écran). Si les ressorts et la construction de l'intrigue proprement dite ne révolutionnent pas le genre (flashbacks, dénouement final qui éclaire l'ensemble de l'histoire, scènes étouffantes, ton haletant), ils fonctionnent à la perfection. En revanche, le soin manifeste apporté à la psychologie des personnages fait basculer ce roman dans la cour de ceux qui poursuivent le lecteur longtemps après qu'il en ait lu la dernière page.

Mygale, choisi au hasard, était le premier roman de Thierry Jonquet que je lisais. Il ne sera évidemment pas le dernier (Moloch ?).

Écrit par Tamara Writes dans Policier, Thriller | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : thierry jonquet, folio, thriller, psychologie, chirurgie, crimes |

mercredi, 09 mars 2011

Le Top 4 du mois de février 2011 !

ciel ouvert.png

Désormais une habitude, que dis-je, une institution (roulements de tambours) : voici notre top 4 du mois de février 2011 !

L'éclectisme était au rendez-vous, nous vous laissons juges...

Tamara

La Théorie de la Contorsion - Margaux Motin

 

Marie-Adélaïde

Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary Ann Shaffer & Annie Barrows

 

Mélanie

Purge - Sofi Oksanen

 

Noémie

La Guerre des banlieues n'aura pas lieu - Abd Al Malik

 

Et pour annoncer nos lectures de mars, voici quelque vers de Théophile Gautier, appris en classe de neuvième il y a...bien longtemps :

"Tandis qu'à leurs oeuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps".

lundi, 07 mars 2011

Le monde selon Fawad - Andrea Busfield

Fawad.jpgL'Afghanistan d'aujourd'hui n'est pas vraiment un terrain de jeu idéal pour un garçon de onze ans. Mais Fawad est lumineux, espiègle, courageux. Il traverse les épreuves avec intelligence.

Ce roman est son histoire pendant un peu plus d'un an. Il y passe de la plus extrême pauvreté au confort d'une maison d'expatriés occidentaux, où sa maman devient cuisinière. J'ai été touchée par cette histoire, entre survie et espoir. Et par son style, direct.

Fawad porte sur le monde et ses étranges nouveaux amis un regard étonné, tantôt amusé, tantôt désespéré. Il nous ouvre son univers : sa famille endeuillée par la guerre, ses cousins et leurs petits business, ses amis de la rue et bien sûr, les occidentaux (ONG, médecin, journaliste...) qui l'ont pris sous leur aile. On y croise aussi un chef de guerre afghan, des taliban. On voyage entre Kaboul et Jalalabad, en passant par Shinwar.  

Pas de manichéisme ici et pas de simplification à outrance, Andrea Busfield dresse un portrait contrasté d'un pays déchiré. On plonge dans une culture très riche et codifiée, dans un univers qui n'est finalement pas si lointain.

On m'a aussi beaucoup parlé des Cerfs volants de Kaboul de Khaled Hosseini alors je crois que je vais entamer un cycle afghan !

Merci à Florence de m'avoir prêté ce livre inattendu.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : andrea busfield, pocket, afghanistan, jeunesse, enfance, guerre |

vendredi, 04 mars 2011

Journal de nuit – Jack Womack

Journal de nuit.jpgVoici un roman que je n'aurais probablement jamais eu l'idée de lire si Eric, en ce cela confirmé par Arnaud, ne m'en avait fait l'article avec autant d'enthousiasme. Comme j'aime bien Eric et Arnaud (et aussi que je suis influençable), je l'ai acheté. Je n'en avais jamais entendu parler, et même si par extraordinaire j'étais tombée dessus dans une librairie, la quatrième de couverture m'aurait certainement déroutée. On y apprend en effet que Journal de nuit est un roman à classer dans la catégorie des œuvres « cyberpunk » (quand on est une lectrice dans le vent, le mot « punk » fait dresser les cheveux sur la tête), dont le but, selon Wikipédia, est de mettre en relief les défauts de notre civilisation, dans un futur proche du monde réel. « Il constitue fréquemment une vision plutôt pessimiste de notre avenir. Ainsi y sont décrits des problèmes tels que la pollution, l'essor de la criminalité, la surpopulation, le décalage de plus en plus grand entre minorité de riches et majorité de pauvres ». On y apprend aussi que le livre a, lors de sa parution, été interdit aux Etats-Unis, pourtant patrie de l'auteur. Un livre maudit (défendre la noble cause d'auteurs injustement condamnés, c'est beaucoup plus dans les cordes d'une lectrice dans le vent) ?

L'histoire se passe donc à Manhattan, dans un futur proche, où tout est pareil, si ce n'est que les malaises politiques et sociétaux actuels sont démultipliés. Lola - des parents aimants, une petite sœur pour se chamailler et des copines plein l'école privée - reçoit un journal intime pour son douzième anniversaire, qu'elle baptise Anne (la coïncidence avec un autre célèbre journal est probablement trop énorme pour n'être pas voulue). Et c'est à travers le prisme de ce journal que le lecteur va assister à la descente aux enfers d'une famille qui semblait pourtant normale, que rien ne prédestinait à ça, dans un monde où les présidents tombent comme des mouches, où le dollar n'a plus aucune valeur, où les gangs et le crack règnent en maîtres, où les camps de redressement pour mineurs sont aussi destructeurs que monnaie courante. Mais ce journal se fait aussi l'écho sans fard des tourments d'une adolescente qui livre, avec des termes parfois très crus, son sentiment sur l'employeur de son père qui le fait travailler quatorze heures par jour, la quantité de médicaments que prend sa mère et les inquiétudes que cela suscite chez elle, les mesquineries crasses entre soi-disant amies, l'éveil de sa sexualité (ou plutôt de son homosexualité), le besoin vital d'appartenir à un groupe.

Terrifiant parce que plausible.

A toutes fins utiles, je livre ici le titre américain de l'ouvrage, nettement plus évocateur et beaucoup plus juste : Random Acts of Senseless Violence.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : jack womack, editions denoël, cyberpunk, new-york, famille, adolescents |

mercredi, 02 mars 2011

Les Restos du Coeur

resto.pngParce qu'il n'y a pas que les livres dans nos vies, nous nous associons comme de  nombreux autres blogueurs à la collecte des Restos du Cœur des 4 et 5 mars prochains.

En effet vendredi et samedi, plus de 41 000 bénévoles seront dans vos supermarchés pour collecter des produits permettant par la suite d'offrir des repas aux plus démunis.

Pour chaque billet publié sur un blog, Danone et Carrefour partenaires de cette opération pour la troisième année consécutive, s'engagent à offrir 10 repas aux Restos du Cœur. L'an dernier, la mobilisation de la blogosphère avait permis d'offrir 16 675 repas.

Voici donc notre modeste contribution à cette belle opération. On profitera aussi de notre plein de courses hebdomadaire pour donner du chocolat, du café ou des petits pots pour bébé !


Collecte 2011 les Restos du Coeur : Mobilisez-vous
envoyé par lespiedssurterre. - L'info video en direct.

Écrit par Tamara Writes dans Challenges, concours & Tags | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : restos du coeur, danone, carrefour, collecte |

lundi, 28 février 2011

La Théorie de la contorsion – Margaux Motin

LA THEORIE DE LA CONTORSION.jpgMargaux, c’est la femme que j’aurais voulu être… et que j’ai toutes les chances de devenir :

  • une artiste qui travaille en free lance (je persévère dans la douleur),
  • une mère (je compte bien faire le nécessaire),
  • une accro à la mode (elle est mon maître niveau chaussures, on pourrait échanger des tuyaux côté fringues),
  • une fan de rap (nous n’apprécions que les bons sons),
  • une femme « libre d’être toutes les femmes qu’elle a envie d’être, même celles auxquelles elle n’a pas encore pensé » (je suis une femme aux mille facettes) !

Vous l’aurez compris, j’ai trouvé La Théorie de la contorsion aussi caustique et succulent que le précédent opus, J’aurais adoré être ethnologue.

Comme toujours avec les livres d’illustration, le plaisir a été de courte durée (un trajet de bus et puis s’en va), mais je me console en pensant qu’il sera aisément renouvelable (contrairement à Guerre et paix que je peux difficilement relire tous les jours...).

Et même si je connaissais déjà de nombreux dessins (précédemment découverts sur le blog de Margaux), j’ai autant ri qu’à la première lecture. Sans compter les inédits, largement représentés au fil des pages… Le livre permet de les conserver (et les consulter) dans un bel objet.

Merci Noémie pour ce cadeau qui me ressemble !

Impressions de Marie-Adélaïde :

Comme Tamara, j'ai adoré cet opus. Aussitôt acheté, aussitôt dévoré ! Et maintenant prêté à ma soeur, à ma maman... même Monsieur-mon-mari l'a lu et apprécié.

Les pages sur sa fille (elle a 4-5 ans ?) sont particulièrement savoureuses. J'y ai retrouvé tellement de situations dans lesquelles je me suis retrouvée... Margaux Motin est une femme d'aujourd'hui et ça fait du bien.

Alors entre son humour détonant, son style accrocheur, son dessin poétique et sa mise en scène haute en couleurs, si vous ne l'avez pas encore lu : foncez !

Écrit par Tamara Writes dans BD | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : margaux motin, marabout, femme, humour, illustrations |

vendredi, 25 février 2011

Hôtel Argentina - Pierre Stasse

Couv_hotelargentina.gifC'est dans le cadre de l'opération « Masse critique » organisée par Babelio que j'ai lu Hôtel Argentina, second roman de Pierre Stasse.

Récit initiatique d'un jeune homme de Paris à Buenos Aires ce livre m'a tout d'abord ennuyée. Pour tout vous dire je me suis même forcée à le finir puisqu'il m'était offert en échange d'une critique sur ce blog... Quand, au 2/3 du livre, l'histoire s'est emballée et m'a enfin tenue en haleine. J'ai alors oublié le style trop appuyé, me suis finalement assez intéressée aux personnages pour avoir envie de connaître le dénouement.

Et puisqu'il s'agit ici d'un blog « d'impressions littéraires » j'avoue que la photographie de l'auteur sur le bandeau de couverture a un peu perturbé mon imaginaire. C'est bête mais j'ai complètement assimilé le personnage principal à cet homme blond au visage fin et délicat or il me semble que ça ne collait pas du tout avec le récit.

Bref, Hôtel Argentina ne sera pas pour moi le roman de l'année, mais il m'aura au moins appris une chose : il est parfois bon de laisser sa chance au texte et de forcer un peu la lecture. On peut avoir de belles surprises.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : flammarion, voyage, argentine, buenos aires, roman initiatique |

lundi, 21 février 2011

Quai d'Orsay - Blain & Lanzac

quai d'orsay.jpgCes chroniques diplomatiques en BD sont vraiment très réussies.

Y sont croquées les coulisses du ministère des affaires étrangères sous Alexandre Taillard de Vorms, largement inspiré de Dominique de Villepin, que l'on reconnait d'ailleurs immédiatement. L'allure haute, l'oeil rivé à l'horizon, un livre à la main et de la fumée qui sort des oreilles, il est comme le penseur virevoltant autour duquel tous s'affairent (et s'épuisent). 

L'histoire n'a pas d'enjeu particulier. On suit les débuts difficiles d'un jeune conseiller du Ministre, Arthur Vlaminck. Avec lui, on découvre tout ce qui fait de ce ministère un monde à part, avec ses propres codes, où les conseillers se font des crasses car "ici c'est comme ça qu'on fait l'amour, tu verras tu y prendras goût aussi".

Si en soit chaque bulle ou chaque planche ne provoque pas l'admiration immédiate, le style est emphatique, le trait est imagé. Les émotions et sensations des personnages sont palpables. Les dialogues sont bons. On est embarqué !   

Les arcanes de la diplomatie ne me sont pas particulièrement familières, et j'ai un peu eu le sentiment de m'être retrouvée dans la version BD de The West Wing. Tout est en ébullition 24h/24, on enchaine les discours à écrire, les coups bas, les scandales, les nuits blanches, les crises majeures et les blagues vaseuses.

Bref, le tome 2 devrait sortir au printemps, je l'attends.

Un extrait pour l'ambiance :

491925_quai-d-orsay-par-blain-et-lanzac.jpg
Extrait de Quai d'Orsay
© Blain - Lanzac - Dargaud

vendredi, 18 février 2011

Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Cercle littéraire des amateurs epluchures patates.gif.jpegUn roman désuet mais savoureux avec lequel je me suis délectée pendant une semaine !

Merci à Anne et Manon de m'avoir conseillé ce livre, que je me suis empressée d'emprunter à la bibliothèque. L'avantage de la bibliothèque, c'est que j'ai hérité d'un livre abimé, un peu passé, qui m'a tout de suite mise dans l'ambiance.

C'est une correspondance charmante et pleine d'esprit, qui nous embarque dans les années d'après guerre à Londres et à Guernesey. On lit les lettres échangées entre Juliet Ashton, écrivaine londonienne, son éditeur, sa meilleure amie, et une flopée d'habitants de l'île de Guernesey. On y découvre la vie quotidienne pendant et après la guerre dans une parcelle rurale de la Grande-Bretagne qui a beaucoup souffert. On oublie en effet souvent que les îles anglo-normandes ont subi l'occupation nazie. 

Je n'avais pas lu de roman épistolaire depuis... Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, et c'est un vrai plaisir de découvrir ces échanges alternativement drôles, pathétiques, terriblement tristes ou spirituels.

Monsieur-mon-mari est en train de le lire (vite, il faut le rendre à la bibliothèque après-demain !) et au début il trouvait que c'était plutôt un livre pour nana (mais que diable veut-il dire par là ?). Mais maintenant il est totalement pris. Je suis ravie !

PS : rétablissons la vérité ! Le véritable nom du Cercle est : "le cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey".

 
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