Avertir le modérateur

vendredi, 13 janvier 2012

Le Diable – Léon Tolstoï

LE DIABLE LEON TOLSTOI.jpg« Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal ». Les deux derniers versets de la prière chrétienne Le Notre Père résument Le Diable de Tolstoï et cela bien que l’histoire n’ait aucun caractère religieux.

Comme vous l’avez sans doute deviné, Le Diable de cette nouvelle est une femme… qui n’a rien de diabolique. C’est pourquoi on ne peut s’empêcher de rire de la naïveté du héros, Eugène Irténiev. Le malheureux souffre de tentations charnelles et culpabilise sans cesse : il se reproche d’avoir une maîtresse quand il est célibataire ; puis une fois marié, il se désole de tromper sa femme… en pensées !

Généralement, les auteurs réservent aux personnages féminins ces dilemmes moraux et ce renversement des genres contribue à ce que le lecteur s’attache au pauvre Eugène. On le plaint, on se moque gentiment de lui, on a envie de le secouer un peu ! Un homme « adultère » comme on en voit peu en littérature.

En outre, Léon Tolstoï se révèle maître du suspense, car jusqu’au bout, on se demande si Eugène va succomber…

lundi, 10 octobre 2011

Contes à aimer, Contes à s'aimer - Jacques Salomé

book_cover_contes_a_aimer,_contes_a_s_aimer_8836_250_400.jpgUne amie m'a beaucoup parlé de Contes à guérir, Contes à grandir de Jacques Salomé, psychosociologue, qu'elle avait adoré. Des histoires très courtes qui mettent le doigt sur les difficultés et les étapes de l'enfance et de l'adolescence. 

Mais mon amie ne l'avait plus sous la main alors elle m'a prêté le deuxième ouvrage de cette série : Contes à aimer, Contes à s'aimer, qui concerne l'âge adulte. J'ai néanmoins plus feuilleté ce livre que je ne l'ai lu, je l'avoue. Il est composé de 80 contes de deux ou trois pages chacun. Des récits très courts, parfois oniriques.


Ces contes mettent en scène des humains comme des animaux... c'est un peu la rencontre entre les frères Grimm, Freud et La Fontaine ! Ils mettent en mots simples des préoccupations contemporaines (la maladie, l'affirmation de soi, les relations parents-enfants, etc.) auxquelles nous sommes fréquemment confrontés, et mettent en scène des émotions parfois refoulées (amour, jalousie, peur, tristesse, etc.). Ils nous libèrent. C'est la guérison par association d'idées : ce qu'on lit nous pénètre, nous fait réfléchir petit à petit. Les contes permettent souvent de mettre des mots sur l'indicible et le tabou, d'éclairer d'une lumière nouvelle nos ressentis brouillons via l'histoire d'autres (réels ou fictifs) qui nous apprennent sur nous-mêmes, parce qu'ils nous font réagir.


Certains contes m'ont interpellée, mais d'autres m'ont complètement laissée de marbre. Du coup je suis un peu dubitative. Je pense qu'il aurait peut être fallu que je le garde chez moi plus longtemps, que je le feuillète régulièrement, petit à petit. Car à vouloir "l'avaler" d'un coup, je crois que je me suis anesthésié l'esprit...

Et vous, avez-vous des recommandations de contes à lire une fois adulte ?

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Fantastique, Nouvelles, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : albin michel, jacques salomé, contes, guérir, psychiatre, analyse |

lundi, 04 juillet 2011

Facebook m'a tuer - Alexandre des Isnards et Thomas Zuber

Facebook.gif"Parce qu'il n'y a rien à cacher, parce que tout le monde le fait".

Facebook est entré dans nos vies et en a transformé les codes. Il en va de même avec tous les outils et applis qui nous connectent les uns aux autres en permanence, nous poussent à la transparence et modifient en profondeur notre rapport à l'autre, y compris dans la sphère intime. 

Dans ce livre, les auteurs ont rassemblé les témoignages de leurs proches ainsi que leurs propres anecdotes. Ils nous livrent un recueil de saynètes dans lesquelles vous risquez (malheureusement ?) parfois de vous reconnaître ou de reconnaître vos amis...

Les voyages, les relations amoureuses, la naissance d'un enfant, l'organisation d'une fête, la recherche d'un job, boire un café... plus rien ne se fait, ne se partage comme il y a 10 ans. 

J'ai ri, parfois franchement, parfois un peu jaune. Il faut dire que ce que certaines histoires révèlent de l'évolution de nos rapports n'est pas très glorieux. Mais c'est la vie !

Facebook m'a tuer est un livre divertissant que je suis contente que l'on m'ait prêté, je l'ai lu lors d'un trajet en avion, 1h30, c'était l'idéal.

On m'a dit que le premier opus L'open space m'a tuer était encore plus cruel. Je vais essayer de me le procurer...

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Humour, Médias, Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : éditions nil, nil, facebook, meetic, social media, alexandre des isnards, thomas zuber |

lundi, 04 avril 2011

Femmes contre nature – Léa Godard

Femmes contre nature.jpgC’est en lisant un billet de l’Ogresse, que j’ai appris que les éditions Emue célébraient la journée de la femme en proposant le téléchargement gratuit de l’ouvrage Femmes contre nature. Deux clics plus tard, je recevais la version PDF de ce recueil plein de promesses.

12 nouvelles, soit 12 portraits qui mettent l’accent sur les défauts (plus ou moins gros) de 12 femmes modernes. De la jalouse à la pucelle, en passant par la vieille fille, la poilue ou encore l’alcoolique, ces 12 héroïnes se considèrent « contre nature »… Ou pour être plus exacte, la société les considère comme telles, car elles n'entrent pas dans la norme.

Au final, j’ai découvert 12 histoires ordinaires. Si chaque texte a le mérite d’être bien écrit, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, ni à saisir ce qui rendait ces femmes si particulières. Aucune n’est parvenue à me faire rire, pleurer ou même m’indigner… Or l’enjeu de l’écriture de nouvelles, c’est précisément de parvenir à susciter de tels sentiments en très peu de temps.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française, Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : léa godard, emue, nouvelles, portraits, femmes, numérique |

lundi, 31 janvier 2011

Éloge de la cellulite et autre disgrâces - Dominique Dyens

dominique dyens.jpgSept histoires déroutantes, dérangeantes, ambiguës et drôles.

Ce recueil de nouvelles semble exclusivement destiné aux femmes. D'ailleurs le titre et la couverture annoncent la couleur : rose !

On y croise une galerie de portraits auxquels on n'a pas vraiment le temps de s'attacher, mais qui nous plongent totalement dans leur univers. Avec un ton parfois désabusé ("Eloge de la cellulite"), excentrique ("La vengeance de Clarissa") ou encore revendicatif ("La ménagère de moins de cinquante ans").

Dominique Dyens a créé un monde parallèle où ses nouvelles se répondent les unes aux autres. Un personnage croisé dans une nouvelle devient le héros principal de la suivante et on retrouve quelques inventions croustillantes comme les MCFR dans plusieurs histoires. Ah ! les MCFR, maison closes pour femmes respectables...

Je ne suis pas sortie indemne de la lecture de "La soumission de Marie", cette épouse docile qui se prostitue pour faire signer un client de son mari. A chaque page on imagine la version filmée. Tout y est très, disons...visuel. J'ai d'ailleurs frôlé la scène de ménage tant j'étais énervée, retournée après l'avoir lue.

J'ai finalement moins aimé les deux premières nouvelles qui font directement appel aux stéréotypes féminins (chirurgie esthétique vs ménagère), mais les suivantes m'ont beaucoup plu !

Ma préférée reste "Noces de verre", une histoire top avec une chute top. Je n'en dirai pas plus au risque de gâcher votre lecture !

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Humour, Littérature française, Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : dominique dyens, héloïse d'ormesson, amour, femmes, chick lit |

lundi, 13 décembre 2010

Bifteck - Martin Provost

bifteck.jpgUne jolie fable au pays des côtelettes et des faux-filets.

Je voulais lire une petite nouvelle sympa, distrayante et surtout, surtout, pas cérébrale (il faut savoir faire des pauses). J'ai été servie.

André Plomeur, né boucher-charcutier comme d'autres naissent notaires, est un garçon un peu gras, un peu quelconque, mais très doué. Très doué pour faire chanter la chair des femmes. Son don un peu particulier fait rapidement la fortune du commerce familial, dans lequel toute la gente féminine quimpéroise se presse et s'affole, un peu comme le Zohan dans son salon de coiffure à New York (d'autant que les hommes manquent en 1915). Sauf que notre amant de génie se retrouve vite à la tête d'une ribambelle de marmots (et oui, les maris sont de retour en 1918...), qu'il va décider d'élever seul, trop heureux de donner de l'amour et un sens à sa vie.

Commence alors une épopée onirique sur terre, en mer et sur une île imaginaire qui vaut le détour. Martin Provost nous livre ici une jolie fable sur le don de soi et j'ai passé un bon moment avec ses héros, mais malheureusement la fin se termine un peu en queue...en tire bouchon.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature française, Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : martin provost, famille, fable, voyage, humour |

vendredi, 26 novembre 2010

La Princesse de Montpensier - Madame de La Fayette

la princesse montpensier - madame de lafayette.jpgAyant décidé qu’il valait mieux lire Madame de La Fayette plutôt que d’aller voir le film de Bertrand Tavernier, j’ai choisi La Princesse de Montpensier sans hésitation dans les rayons du Relay de la Gare du Nord. Quelle ne fût pas ma surprise en découvrant que ce classique est en fait une nouvelle de quelques pages.

Une fois installée dans le train, j’attaque la lecture de ce que j’imaginais être un roman à l’eau de rose, à la mode du 17ème siècle. Là encore, Madame de La Fayette me prend de court. Pas d’échange déchirant, ni de cœur palpitant, mais un récit très factuel, à la troisième personne, dans lequel l’auteure respecte une certaine pudeur et marque une certaine distance vis à vis de ses personnages.

Ainsi, bien qu’il soit clairement établi que la beauté de la Princesse de Montpensier cause des ravages (tous les hommes de la cour l’admirent, trois se consument de passion pour elle), on ne trouve nulle description physique de cette femme fatale, ni de retranscription larmoyante des échanges entre amants. Non, rien de tout cela ne paraît. On referme cependant le livre avec le sentiment que les conventions, la bienséance et la pression sociale entraînent une violence qui aurait pu être maîtrisée. Hier, comme aujourd’hui…

Écrit par Tamara Writes dans Littérature classique, Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : madame de la fayette, pocket, passion, amour, sentiments |

dimanche, 24 octobre 2010

Paris je t’aime – Myriam Thibault

Paris je t'aime.jpgParis je t'aime... Voilà un livre que j'aurais pu écrire, ou plutôt, un titre que j'aurais pu donner à l'un des mes futurs ouvrages.

Il m'a fallu deux heures à peine pour dévorer ce recueil de nouvelles, qui insuffle une grosse bouffée d'oxygène entre deux romans plus sombres.

Véritable déclaration d'amour à la capitale, cet ouvrage séduira tous ceux qui partagent ce sentiment.

Comme Myriam, ses personnages rêvent de s'installer à Paris (quand ils n'y vivent pas déjà). Et tous les motifs justifient cette obsession : amour, travail, famille ou juste pour le plaisir de faire corps avec la ville lumière.

On reconnaît les lieux, on croit avoir croisé les mêmes passants, les destins semblent familiers... Un sentiment de déjà-vu qui confirme combien le ton est juste.

Myriam Thibault n'a que 16 ans et vit à Tours. Elle tient un blog de critique littéraire et aime Paris. Bref, à part l'âge et le thème du blog, nous avons de nombreux points communs!

Si vous aimez Paris et souhaitez encourager un jeune talent, plongez-vous dans ce nouveau roman.

 

Écrit par Tamara Writes dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : myriam thibault, paris, editions léo scheer |

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu