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lundi, 21 novembre 2011

La Délicatesse - David Foenkinos

david foenkinos, folio, amour, résilience, drame,Marie-Adélaïde et Mélanie : deux visions opposées d'une même lecture ?

Les impressions de Marie-Adélaïde :

Un joli titre pour un joli livre décevant.

À vrai dire je suis un peu perplexe. La Délicatesse m'a été conseillé par un libraire, ma bibliothécaire, des blogs, des amis... sans parler des prix qu'il a reçus. Mais je ne vois pas vraiment ce qu'on lui trouve.

Il se lit facilement, ce qui est loin d'être un défaut. Il est d'ailleurs joliment écrit. L'histoire est charmante, parfois triste, et les personnages de Nathalie et Markus sont même assez attachants. Mais je n'ai pas senti le souffle auquel je m'attendais. David Foenkinos peint des sentiments, des états d'âme, des situations et des interrogations qui m'ont laissée de marbre. Pourtant, le sujet de départ m'a intéressée, il est passionnant humainement (stop, ne comptez pas sur moi pour spoiler !).

Et puis l'histoire a glissé vers un huis clos un peu étriqué, un peu plat. Le moindre geste, le moindre détail est porté aux nues. Et cette répétition est quelque peu fatigante. Chaque seconde est chargée d'une émotion qui reste somme toute assez froide. Même la structuration des chapitres, surprenante au début, lasse.

Pour moi la plus belle partie de ce livre reste son titre, que j'adore. Et la couverture aussi, tiens, bravo Folio.

Les impressions de Mélanie :

J’en avais entendu parler, comme ça, comme tout le monde, sans bien savoir de quoi il retournait vraiment. Je m’y suis intéressée parce que je me trouvais dans une grande surface à laquelle il ne fallait pas trop en demander en termes de choix littéraires. Et aussi parce qu’un bandeau violet qui annonce qu’un livre a été récompensé à dix reprises, ça interpelle forcément. Et puis j’ai lu la quatrième de couverture, que j’ai trouvée parfaite, à la fois tendre et insolite. Du coup j’ai lu le roman, très vite, presque d’une traite.

 J’y ai aimé beaucoup de choses, à commencer par le style inhabituel de l’auteur qui raconte, à travers des chapitres très courts se faisant l’écho des pensées de chacun des protagonistes, la manière dont deux personnes, que tout oppose a priori, vont s’éprendre peu à peu l’une de l’autre. Il y dépeint aussi les réactions d’un entourage pas toujours bienveillant, les drames qui, inévitablement, jalonnent la vie, et la manière que l’on a de les subir puis d’y survivre. Le tout avec beaucoup de pudeur et de délicatesse (ha ha…).

Malgré tout, j’ai quelques réserves qui me conduisent à m’interroger sur un tel engouement public : si le style de l’auteur, aussi fluide qu’original, est très agréable à lire, il peut aussi confiner à la niaiserie, ce qui constitue – de mon point de vue – une erreur lorsque l’on s’attaque à un sujet aussi commun que la-naissance-d’une-histoire-d’amour-qui-permet-de-se remettre-d’un drame… Cette histoire elle-même, par certains aspects, renferme plusieurs clichés et lieux communs qui, même s’ils sont décrits avec douceur et délicatesse (re-ha ha), n’en demeurent pas moins décrédibilisants. Enfin, et surtout, la dernière phrase du roman est ambigüe et prive l’histoire d’une véritable fin. Et je déteste les histoires dont on ne me dit pas quelle est la fin…

J’ai appris aujourd’hui que l’auteur et son frère adaptaient La Délicatesse au cinéma, avec Audrey Tautou dans le rôle principal. La circonspection m’a gagnée : encore une adaptation que je n’irai pas voir ? 

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Écrit par Tamara Writes dans Littérature française, Prix littéraire | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : david foenkinos, folio, amour, résilience, drame, bestseller |

lundi, 21 mars 2011

Sukkwan Island - David Vann

Prix medicis étrangerSukkwan island couv medicis.jpgJe ne sais pas ce qui a pris à ma sœur de m'offrir ce livre monstrueux mais je lui en suis reconnaissante.

Là est tout le paradoxe de ce roman : cauchemardesque mais génial.

La quatrième de couverture (décidément) m'avait carrément rebutée. On y parle de "suspense insoutenable", de "drame violent et imprévisible", de "cauchemar" et des "ténèbres de l'âme humaine". De quoi fuir en courant pour ce qui me concerne !

Mais ce livre est un cadeau alors j'ai fait l'effort. Et je ne le regrette pas une seule seconde. Oui, l'histoire de ce père qui emmène son fils adolescent vivre un an dans une cabane isolée sur une île perdue d'Alaska est terrible. Oui, ce qu'ils vont vivre est au-delà de l'horreur. Mais David Vann nous raconte leur histoire avec tellement de prodige qu'on ne peut qu'admirer son talent.

L'auteur nous confronte avec la réalité complexe d'âmes en quête de sens, il nous fait goûter au froid et au vent de contrées sauvages et lointaines. Il nous embarque, il nous malmène.

Jetez-vous sur ce livre si vous vous en sentez capables, c'est un voyage qu'on n'oublie pas.

lundi, 21 février 2011

Quai d'Orsay - Blain & Lanzac

quai d'orsay.jpgCes chroniques diplomatiques en BD sont vraiment très réussies.

Y sont croquées les coulisses du ministère des affaires étrangères sous Alexandre Taillard de Vorms, largement inspiré de Dominique de Villepin, que l'on reconnait d'ailleurs immédiatement. L'allure haute, l'oeil rivé à l'horizon, un livre à la main et de la fumée qui sort des oreilles, il est comme le penseur virevoltant autour duquel tous s'affairent (et s'épuisent). 

L'histoire n'a pas d'enjeu particulier. On suit les débuts difficiles d'un jeune conseiller du Ministre, Arthur Vlaminck. Avec lui, on découvre tout ce qui fait de ce ministère un monde à part, avec ses propres codes, où les conseillers se font des crasses car "ici c'est comme ça qu'on fait l'amour, tu verras tu y prendras goût aussi".

Si en soit chaque bulle ou chaque planche ne provoque pas l'admiration immédiate, le style est emphatique, le trait est imagé. Les émotions et sensations des personnages sont palpables. Les dialogues sont bons. On est embarqué !   

Les arcanes de la diplomatie ne me sont pas particulièrement familières, et j'ai un peu eu le sentiment de m'être retrouvée dans la version BD de The West Wing. Tout est en ébullition 24h/24, on enchaine les discours à écrire, les coups bas, les scandales, les nuits blanches, les crises majeures et les blagues vaseuses.

Bref, le tome 2 devrait sortir au printemps, je l'attends.

Un extrait pour l'ambiance :

491925_quai-d-orsay-par-blain-et-lanzac.jpg
Extrait de Quai d'Orsay
© Blain - Lanzac - Dargaud

vendredi, 21 janvier 2011

No et moi - Delphine de Vigan

no et moi.jpgJe suis heureuse d'avoir fait confiance au "Prix des libraires".

Ce roman l'a reçu en 2008, et il a ensuite été adapté (cette année !) au cinéma par Zabou Breitman. Je crois qu'il a d'ailleurs bien marché, et cela ne m'étonne pas. Cette histoire est géniale.

C'est celle d'une amitié éperdue entre une ado surdouée et une jeune SDF. La vie de chacune va être bouleversée par cette rencontre : leur quotidien, leurs certitudes et même leurs espoirs vont changer. La vie de Lou, 13 ans et déjà au lycée, était partagée entre une scolarité brillante, une sociabilité inexistante, une vie intérieure intense et une vie familiale pesante. Sa rencontre avec No va faire exploser ses repères : exit la timidité, bonjour les prises de risques.

Car c'est de cela dont il s'agit : prendre des risques, ne pas craindre de mettre son confort en danger pour avancer.

Ce roman m'a tellement embarquée que j'ai failli rater mon arrêt de bus plusieurs fois. Il faudrait que j'aille voir le film maintenant...

mardi, 07 décembre 2010

Le Jour du Roi – Abdellah Taïa (Prix de Flore 2010)

Abdellah-Taia-remporte-le-prix-de-Flore-2010-pour-Le-jour-du-Roi_reference.jpgDeux adolescents. Omar, le pauvre, et Khalid, le riche. L’un souhaiterait être l’autre. L’autre ne s’imagine pas bien différent de son ami. En apparence...

Dès les premières lignes, tandis qu’Omar rêve de sa rencontre avec le roi, le statut social se révèle être la principale angoisse du jeune garçon. On devine d’ores et déjà les graines de la jalousie qui germera au fil des pages. Ce dont on ne se doute pas, c’est de la dimension subversive de l’histoire qui va suivre.

Brisant les tabous religieux et culturels, Abdellah Taïa dresse un portrait critique et inattendu du royaume d’Hassan II. Un portrait dans lequel les musulmans consomment de l’alcool, l’adultère dicte sa loi, les mères de familles se prostituent et l’homosexualité est suggérée. Entre croyances religieuses et mystiques, les riches tiennent les rênes du pouvoir, opprimant les pauvres acculés aux pires malheurs.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française, Prix littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : abdellah taïa, seuil, amitié, maroc, adolescents |

 
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