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vendredi, 04 mars 2011

Journal de nuit – Jack Womack

Journal de nuit.jpgVoici un roman que je n'aurais probablement jamais eu l'idée de lire si Eric, en ce cela confirmé par Arnaud, ne m'en avait fait l'article avec autant d'enthousiasme. Comme j'aime bien Eric et Arnaud (et aussi que je suis influençable), je l'ai acheté. Je n'en avais jamais entendu parler, et même si par extraordinaire j'étais tombée dessus dans une librairie, la quatrième de couverture m'aurait certainement déroutée. On y apprend en effet que Journal de nuit est un roman à classer dans la catégorie des œuvres « cyberpunk » (quand on est une lectrice dans le vent, le mot « punk » fait dresser les cheveux sur la tête), dont le but, selon Wikipédia, est de mettre en relief les défauts de notre civilisation, dans un futur proche du monde réel. « Il constitue fréquemment une vision plutôt pessimiste de notre avenir. Ainsi y sont décrits des problèmes tels que la pollution, l'essor de la criminalité, la surpopulation, le décalage de plus en plus grand entre minorité de riches et majorité de pauvres ». On y apprend aussi que le livre a, lors de sa parution, été interdit aux Etats-Unis, pourtant patrie de l'auteur. Un livre maudit (défendre la noble cause d'auteurs injustement condamnés, c'est beaucoup plus dans les cordes d'une lectrice dans le vent) ?

L'histoire se passe donc à Manhattan, dans un futur proche, où tout est pareil, si ce n'est que les malaises politiques et sociétaux actuels sont démultipliés. Lola - des parents aimants, une petite sœur pour se chamailler et des copines plein l'école privée - reçoit un journal intime pour son douzième anniversaire, qu'elle baptise Anne (la coïncidence avec un autre célèbre journal est probablement trop énorme pour n'être pas voulue). Et c'est à travers le prisme de ce journal que le lecteur va assister à la descente aux enfers d'une famille qui semblait pourtant normale, que rien ne prédestinait à ça, dans un monde où les présidents tombent comme des mouches, où le dollar n'a plus aucune valeur, où les gangs et le crack règnent en maîtres, où les camps de redressement pour mineurs sont aussi destructeurs que monnaie courante. Mais ce journal se fait aussi l'écho sans fard des tourments d'une adolescente qui livre, avec des termes parfois très crus, son sentiment sur l'employeur de son père qui le fait travailler quatorze heures par jour, la quantité de médicaments que prend sa mère et les inquiétudes que cela suscite chez elle, les mesquineries crasses entre soi-disant amies, l'éveil de sa sexualité (ou plutôt de son homosexualité), le besoin vital d'appartenir à un groupe.

Terrifiant parce que plausible.

A toutes fins utiles, je livre ici le titre américain de l'ouvrage, nettement plus évocateur et beaucoup plus juste : Random Acts of Senseless Violence.

Écrit par Mélanie dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : jack womack, editions denoël, cyberpunk, new-york, famille, adolescents |

vendredi, 21 janvier 2011

No et moi - Delphine de Vigan

no et moi.jpgJe suis heureuse d'avoir fait confiance au "Prix des libraires".

Ce roman l'a reçu en 2008, et il a ensuite été adapté (cette année !) au cinéma par Zabou Breitman. Je crois qu'il a d'ailleurs bien marché, et cela ne m'étonne pas. Cette histoire est géniale.

C'est celle d'une amitié éperdue entre une ado surdouée et une jeune SDF. La vie de chacune va être bouleversée par cette rencontre : leur quotidien, leurs certitudes et même leurs espoirs vont changer. La vie de Lou, 13 ans et déjà au lycée, était partagée entre une scolarité brillante, une sociabilité inexistante, une vie intérieure intense et une vie familiale pesante. Sa rencontre avec No va faire exploser ses repères : exit la timidité, bonjour les prises de risques.

Car c'est de cela dont il s'agit : prendre des risques, ne pas craindre de mettre son confort en danger pour avancer.

Ce roman m'a tellement embarquée que j'ai failli rater mon arrêt de bus plusieurs fois. Il faudrait que j'aille voir le film maintenant...

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature française, Prix littéraire | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : delphine de vigan, jc lattès, zabou breitman, cinema, film, adolescents, ados, sdf, exclusion, lycée |

mardi, 07 décembre 2010

Le Jour du Roi – Abdellah Taïa (Prix de Flore 2010)

Abdellah-Taia-remporte-le-prix-de-Flore-2010-pour-Le-jour-du-Roi_reference.jpgDeux adolescents. Omar, le pauvre, et Khalid, le riche. L’un souhaiterait être l’autre. L’autre ne s’imagine pas bien différent de son ami. En apparence...

Dès les premières lignes, tandis qu’Omar rêve de sa rencontre avec le roi, le statut social se révèle être la principale angoisse du jeune garçon. On devine d’ores et déjà les graines de la jalousie qui germera au fil des pages. Ce dont on ne se doute pas, c’est de la dimension subversive de l’histoire qui va suivre.

Brisant les tabous religieux et culturels, Abdellah Taïa dresse un portrait critique et inattendu du royaume d’Hassan II. Un portrait dans lequel les musulmans consomment de l’alcool, l’adultère dicte sa loi, les mères de familles se prostituent et l’homosexualité est suggérée. Entre croyances religieuses et mystiques, les riches tiennent les rênes du pouvoir, opprimant les pauvres acculés aux pires malheurs.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française, Prix littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : abdellah taïa, seuil, amitié, maroc, adolescents |

 
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