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lundi, 14 novembre 2011

Le Gang des mégères inapprivoisées – Tom Sharpe

Je n’ai jamais été (et ne serai jamais) une activiste féministe. Pourtant, je rends hommage à nos aînées qui luttèrent avec acharnement pour l’obtention des nombreuses libertés dont je jouis au quotidien. Et je savoure avec délectation Le Gang des mégères inapprivoisées, dont les héroïnes sont des sortes d’amazones aux méthodes barbares, qui considèrent les représentants de la gente masculine comme de simples objets.

En effet, tout homme qu’il soit, Tom Sharpe a choisi d’écrire sur une famille peu ordinaire dans laquelle les femmes sont reines. Depuis des générations, les Grope exploitent les hommes de mères en filles : d’abord avec des rapports sexuels sous la contrainte (il faut bien assurer une descendance féminine) ; puis en les réduisant à l’esclavage.

Aussi absurde que puisse paraître ce récit, il n’en est pas moins une satire à peine voilée de la société. A travers Le Gang des mégères inapprivoisées, l’auteur ne fait que renverser la réalité, imaginant cette microsociété matriarcale et machiavélique. En tant que femme, je me suis vraiment amusée en lisant cette farce comique, tout en me demandant si toutes les femmes seraient aussi cruelles que les Grope.

Malheureusement, j’ai trouvé la fin très attendue et par conséquent un peu décevante : Tom Sharpe a voulu chasser un naturel qui est revenu au galop.

Tom Sharpe, 10-18, femmes, filles, humour, absurde, famille

Écrit par Tamara Writes dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tom sharpe, 10-18, femmes, filles, humour, absurde, famille |

vendredi, 04 novembre 2011

Lexi Smart a la mémoire qui flanche – Sophie Kinsella

Sophie Kinsella, Pocket, femme d'affaire, amitié, amour, mémoire, amnésie, famille, travailAuteure rendue célèbre par sa série L’Accro du Shopping, Sophie Kinsella a pourtant écrit une dizaine d’autres romans, dont Lexi Smart a la mémoire qui flanche. Comme souvent avec cet écrivain, l’histoire est drôle et surtout, d’une légèreté déconcertante.

Lexi Smart a la mémoire qui flanche raconte comment Lexi, une Cendrillon un peu « plouc » des temps modernes, se retrouve dans la peau d’une femme d’affaires au corps de rêve, après une chute sur un trottoir glissant… J’en conviens, ce genre d’aventure n’arrive pas à tout le monde. Et tout l’art de la narration de Sophie Kinsella consiste à nous faire croire que notre meilleure copine pourrait-être à la place de Lexi (pour peu que l’on ait une amie pas très jolie et franchement gourde, ce qui n’est pas mon cas).

Une fois encore, le récit manque de profondeur, mais c’est si bon de mettre ses neurones en pause quand elles carburent à plein régime toute la journée au bureau...

lundi, 26 septembre 2011

Le Goût des pépins de pomme - Katharina Hagena

Gout-des-pepins-de-pomme.jpgUn très joli livre sur la puissance du souvenir.

Quand Iris hérite de la maison de sa grand-mère, elle ne songe d'abord pas à la garder. Mais la maison de Bertha est à elle seule une énorme madeleine de Proust. A chaque porte, chaque robe, chaque pommier, Iris retrouve un peu de la vie d'antan. Sa grand-mère Bertha, sa mère et ses tantes, sa cousine, son amie et elle, ont empli la maison et son jardin de leurs rires, de leurs rêves et de leurs secrets. Des générations de femmes qui ne se comprennent plus aujourd'hui.

Iris plonge dans ses souvenirs à corps perdu, sans réaliser ce qui l'attend. Elle tente de remonter le fil de son histoire et elle découvre les tabous et les non-dits qui la jalonnent. Car Le Goût des pépins de pomme est aussi un livre sur l'oubli, celui de la maladie et celui que l'on s'impose, parce que la vérité est trop dure ou pas assez convenable.

Chaque page de ce livre est imprégnée de senteurs (pommes boscop ou cox orange, baies, lupins, romarin...) et ce coin de campagne dans l'Allemagne du Nord est si charmant qu'il me réconcilie avec les souvenirs que j'en avais. L'auteure (qui a les connaissances d'un herboriste, ou du moins d'un jardinier), ne nous épargne en effet aucune plante, aucune essence d'arbre, de mousse ou de fleur. 

C'est un livre à lire si possible dans une maison de famille ! C'est ce que j'ai fait, et je pense que mon plaisir en a été décuplé.

Si vous aimez ce livre, vous aimerez aussi Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : katharina hagena, Éditions anne carrière, famille, maison, souvenir, enfance, mémoire |

vendredi, 02 septembre 2011

Les Prétendants - Cécile David-Weill

Les prétendants.jpgComme toutes les jeunes filles de bonne famille, Marie et Laure Ettinguer se distinguent de leurs semblables par leur éducation. Une éducation qui enseigne l’argent comme une évidence, l’étiquette comme un sacerdoce et le raffinement comme un accessoire capable de parer d’élégance la tenue la plus insignifiante. Telle est l’atmosphère du livre Les Prétendants, de Cécile David-Weill.

Pour empêcher la vente de l’Agapanthe, leur luxueuse maison de famille, les deux sœurs organisent un casting. Elles espèrent ainsi sélectionner des maris suffisamment riches pour s’offrir la somptueuse villa qu’elles chérissent depuis l’enfance. Ainsi, les candidats fortunés défilent à l’Agapanthe. Scrutés sous tous les angles, pas un ne soupçonne le véritable motif de sa présence parmi les autres visités (tous plus ou moins habitués).

Très vite, on se rend compte que l’intrigue principale n’est qu’un prétexte pour cette chronique raffinée, qui décrit un mode de vie désuet, rythmé par le confort et la volupté. Cécile David-Weill dresse avec finesse et subtilité les petits travers de la haute société. Entre snobisme et médisance, posture intellectuelle et mépris de la vulgarité, elle nous entraîne au cœur des préoccupations d’une certaine élite. Et que le milieu vous soit étranger ou pas, l’envie vous prend de souhaiter cette vie de rêve, parmi les gens bien nés.

 

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : cécile david-weill, livre de poche, famille, luxe, argent, mariage |

lundi, 22 août 2011

Lectures de notre adolescence - L'Esprit de famille - Janine Boissard

livre de poche, janine boissard, la marette, familleEn 4ème (ou 3ème? oh la la ça me semble si proche et si loin en même temps) ma prof de français avait dressé une liste de romans à lire pendant les grandes vacances. Parmi ceux-ci il y avait L'Esprit de famille de Janine Boissard (en 6 tomes), qui selon elle se bouquinait avec un chocolat et des tartines... Ça m'avait convaincu, et surtout j'avais trouvé la série complète à la médiathèque. Je ne me rappelle pas toutes les intrigues, mais juste que pour l'ado que j'étais, c'était parfait.
Cette saga familiale racontait la vie de quatre soeurs adolescentes au début des années 80 : les relations avec les parents, les premiers amours et grandes déceptions... C'est très léger, construit comme une bonne série TV. Je les ai dévorés!

Écrit par Noémie dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : livre de poche, janine boissard, la marette, famille |

vendredi, 19 août 2011

Lectures de notre adolescence - Journal d'Anne Frank et Des cornichons au chocolat de Philippe Labro

Difficile de se rappeler les premières « vraies » lectures, les marquantes, celles qui, à un âge où les livres ne sont souvent pas une priorité (en tout cas moins que d’aller au Etam du Forum des Halles ou de boire un café - avec six sucres - pour huit pendant trois heures…). Et pourtant, il me semble que ce sont elles qui réveilleront plus tard l’envie de lire, pour retrouver cette sensation de plaisir au fur et à mesure que se tournent les pages d’un livre que l’on se surprend à aimer.

Deux livres ont principalement marqué mes années de collège, deux livres qui forment une sorte de grand écart littéraire, et qui ont teinté mes goûts, pour toujours probablement.

anne frank,philippe labro,le livre de poche,adolescence,émois,guerre,famille,filleAnne Frank évidemment, dont le Journal m’a à la fois bouleversée et fascinée : la vie d’une jeune fille de treize ans, comme moi à l’époque, avec des préoccupations comparables aux miennes (l’avenir, les garçons, les copines, le cercle familial…) mais dans un univers tellement éloigné et incompréhensible pour l’adolescente que j’étais (la guerre, l’étoile jaune, le confinement à l’Annexe pendant des années, le nazisme, la délation, la déportation et la mort à 15 ans au camp de Bergen-Belsen, trois mois seulement avant sa libération). C’est certainement grâce à Anne Frank que j’ai lu Si c’est un homme, Vichy un passé qui ne passe pas ou plus récemment Les Bienveillantes. Et quelle émotion lorsque je suis allée visiter la cachette de la famille Frank à Amsterdam !

anne frank,philippe labro,le livre de poche,adolescence,émois,guerre,famille,filleA l’autre bout de l’échiquier, on trouve Des Cornichons au chocolat de Philippe Labro, où l’histoire de Stéphanie, 13 ans aussi, de son chat Garfunkel (en hommage, évidemment, au duo partiellement éponyme que je vénérais déjà), des premières boums, des premières règles, des premiers flirts, des premières engueulades avec les parents, des premières menaces de divorce… Beaucoup plus proche de moi qu’Anne Frank, je lisais son quotidien nettement plus déluré que le mien avec un plaisir un peu coupable… Et c’est probablement Des Cornichons au chocolat qui m’ont rapidement conduite à lire des livres tels que L’Herbe bleue, Moi Christiane F., 13 ans droguée, prostituée et puis, plus tard, Les Chroniques de San Francisco.

 

lundi, 15 août 2011

Lectures de notre adolescence- La Bicyclette bleue de Régine Déforges

Pour la jeune fille que j'étais, La Bicyclette bleue symbolisait le summum de la littérature érotique (et oui, il en faut peu pour émoustiller une innocente). Je rêvais d'épouser un homme aussi viril que François Tavernier, tout en enviant la sensualité de Léa et son appétit pour la chair (tout mon contraire). Inutile de dire que j'ai lu tous les tomes de cette saga de Régine Déforges.

LA BICYCLETTE BLEUE FAYARD.gif

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : régine déforges, fayard, guerre, amour, passion, famille |

lundi, 23 mai 2011

J'aurais adoré être ethnologue - Margaux Motin

ethnologue.jpgÇa fait un moment que je veux vous parler de cet album, mais ma maman et ma petite soeur l'ont tellement aimé qu'elles ont mis du temps à me le rendre...

Je l'avais commandé trois petites minutes seulement après avoir refermé La Théorie de la contorsion, pourtant publié après celui-ci. Et j'avais tellement adoré ce petit bijou que je n'ai pas hésité une seconde à augmenter ma collection (et à en faire profiter ma famille...).

D'autant que j'adore la couverture ! Tout l'esprit de l'album est là : humour et talons hauts.

Margaux Motin dépeint son quotidien, fantasmé... ou pas. Sa fille "poupette", source inépuisable de situations gênantes et cocasses, son homme, en contre-pouvoir flegmatique de la toute puissance maternelle, son job d'illustratrice freelance, ses journées seule sans collègues (à se dandiner en culotte sur de la musique pop), son obsession pour les chaussures, son blog... Mais surtout, son autodérision permanente, son sens de la répartie, son coup de crayon, sa capacité à capter l'instant, son humour.

J'ai passé un bon moment (trop court !) à lire J'aurai adoré être ethnologue, mais je dois avouer avoir passé un bien meilleur moment avec La Théorie de la contorsion (déjà relu 3 fois).

Des albums à se prêter entre nanas.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans BD, Humour | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : margaux motin, marabout, femme, famille, illustrations, humour |

lundi, 09 mai 2011

Intuitions - Dominique Dyens

Intuitions.gifQuand j'ai refermé ce livre j'étais en colère, prête à mordre.

D'ailleurs ça n'a pas loupé, une scène de ménage a eu lieu chez moi dans les 10 minutes qui ont suivi. Mon pauvre mari n'a pas compris ce qui lui arrivait. C'est la deuxième fois que ça m'arrive avec un livre de Dominique Dyens ! (cf. Éloge de la cellulite et autres disgrâces).

Il y a quelque chose dans son écriture qui m'électrise, et quelque chose dans ses intrigues qui me tend comme un arc.

Intuitions, c'est l'histoire  d'une famille qui implose à force de non-dits. A l'occasion de l'annonce du mariage de son fils, l'univers bourgeois bien rangé, bien lisse et bien comme il faut de Nathalie Royer s'effondre. Sa future belle-fille, Gala, l'inquiète, lui fait peur. Cette femme est dangereuse, elle le sait, et elle va tout mettre en oeuvre pour aller au bout de son intuition. Quitte à tout détruire autour d'elle.

Comme dans les précédentes nouvelles que j'avais lues d'elle, Dominique Dyens aime jouer avec les couples. Adultère, faux semblants, amour sincère ou fantasmes, elle les malmène. Et elle fait mouche. Un grain de sable vient toujours se glisser dans un quotidien trop beau pour être vrai...

Ce roman n'est pas noir, mais il est perturbant. Du coup, je ne me sens pas vraiment prête à lire ses précédents thrillers... J'ai peur de ne pas en sortir vivante !

Et pour mémoire, voici la vidéo de lancement de ce roman que nous vous avions montrée il y a quelques semaines.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature française, Thriller | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : dominique dyens, héloïse d'ormesson, famille, folie, suspens |

lundi, 25 avril 2011

L’Elégance des veuves – Alice Ferney

L’Elégance des veuves – Alice Ferney.jpgCertains disent que c’est un « livre de filles ». Si ce jugement apparaît quelque peu dépréciatif, il n’est pas totalement faux dans la mesure où c’est effectivement un livre écrit par une femme et qui parle des femmes. Cela dit, un tel commentaire est évidemment simpliste. Personnellement, je préfère dire que c’est un livre sur la vie, celle des femmes bien sûr, mais aussi sur les hommes qu’elles épousent et avec qui elles forment un couple, les enfants qu’ils engendrent, la famille qu’ils forment et les années qui passent.

A travers trois générations de femmes, Alice Ferney raconte avec pudeur et discrétion, mais sans détour, les histoires successives de Valentine, Mathilde et de la petite dernière, du début du siècle à nos jours : les convenances, les arrangements, le statut social de l’homme et de son épouse de femme, les maternités successives, les décès et le chagrin qui ne s’efface jamais vraiment.

Sans jamais formuler de jugement, elle dépeint l’évolution des relations entre hommes et femmes, et de leurs rôles respectifs, vers le fragile équilibre qui existe (pas toujours) aujourd’hui. Sans militantisme ni féminisme revendiqué, L’Elégance des veuves éclaire le lecteur sur l’environnement social qui pesait sur l’homme et la femme du début du siècle, dans le milieu bourgeois, avec tout ce que l’on imagine de caricatural. Mais c’est justement parce qu’elle a choisi la bourgeoisie pour cadre qu’Alice Ferney nous permet de pénétrer un monde où l’apparence est ligne de conduite et de décrypter un mode de fonctionnement qui apparaît tellement dépassé aujourd’hui qu’il en est presque inconcevable. Et pourtant, il n’est ni si éloigné, ni éradiqué et, surtout, l’univers ici décrit permet d’apercevoir que, contrairement à ce que l’on imagine trop facilement aujourd’hui, les femmes étaient, si ce n’est satisfaites, du moins averties de leur destinée.

Bref, sans être réellement un coup de cœur (trop interpellant ? trop juste ?), ce (court) roman reste un exercice de style remarquable, avec, d’une part le charme désuet des bavardages maternels à l’heure du thé et, d’autre part, la force de questionnements sans fin : être amoureuse, épouse, mère… et heureuse.

Écrit par Mélanie dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : babel, alice ferney, femmes, mariage, maternité, deuil, vie, générations, famille |

 
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