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vendredi, 21 octobre 2011

Homo Erectus – Tonino Benacquista

tonino benacquista,gallimard,amour,hommes,femmes,liaisons,apprentissageJ’ai eu l’occasion de parler ici d’histoires de femmes écrites par une femme (L’Elégance des veuves par exemple), d’histoires de femmes écrites par un homme (Vingt-quatre heures de la vie d’une femme notamment) mais jamais encore d’histoires d’hommes écrites par un homme. Peut-être que ces histoires là sont plus rares, ou plus probablement que j’en lis moins… C’est pourtant l’exercice auquel s’est plié Tonino Benacquista, avec un roman dont le titre est particulièrement évocateur.

Loin des intrigues noires et trépidantes qui ont fait le succès de son auteur, Homo Erectus invite la lectrice (et le lecteur, évidemment, même si je suis assez tentée de croire que ce roman séduira davantage les femmes) à écouter aux portes d’un cercle très fermé où les hommes viennent raconter leurs expériences, amoureuses souvent, sexuelles parfois, déçues toujours. C’est ainsi qu’au fil des pages on pénètre dans l’intimité de Yves, Denis et Philippe, trois hommes blessés par les femmes qui, de façon consciente ou inconsciente, font sauter les derniers remparts de leur fierté toute masculine pour chercher un peu de réconfort auprès de leurs pairs. Sauf que, si les hommes comprenaient vraiment les femmes, ça se saurait…

Tour à tour grave et léger, pétillant et profond, Homo Erectus se savoure avec un plaisir teinté de voyeurisme et un regard, in fine, plein de tendresse.

Écrit par Mélanie dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : tonino benacquista, gallimard, amour, hommes, femmes, liaisons, apprentissage |

vendredi, 30 septembre 2011

Les Mystères de Paris – Eugène Sue

eugène sue,gallimard,paris,destins,passions,complots,xixème siècle,histoireS’il ne m’est pas souvent arrivé de ne pas terminer un livre, même si sa lecture me coûtait (question d’orgueil mal placé probablement, quoiqu’il n’y ait plus d’orgueil qui tienne après quatre-vingt pages de descriptions dans La Peau de chagrin), je n’avais encore jamais abandonné une histoire que je trouve fascinante. C’est pourtant ce que j’ai fait avec Les Mystères de Paris, ancêtre du roman-feuilleton. Malgré un récit prenant et rocambolesque, fourmillant de personnages hauts en couleurs dans le Paris glauque à souhait de 1838, j’ai déclaré forfait. Et je crois que la principale raison de ce (très) lâche abandon réside dans les 1300 pages (grand format et petits caractères) que compte le livre… Il aurait fallu que j’y consacre les trois prochains mois, et cette perspective ne m’enchantait pas tant les livres que j’ai envie de lire sont nombreux. S’y ajoute une langue et un style qui ont beaucoup vieilli, requérant une attention soutenue, ce qui s’accommode mal de mes envies de légèretés estivales. Et en plus, le format du livre déformait mon sac ! Pour autant, j’y reviendrai très certainement.

Je rapporte tout de même ici des propos de Théophile Gautier que je n’ai aucune peine à croire. Il disait en effet que « […] Des malades ont attendu pour mourir la fin des Mystères de Paris ; le magique La suite à demain les entraînait de jour en jour, et la mort comprenait qu’ils ne seraient pas tranquilles dans l’autre monde s’ils ne connaissaient le dénouement de cette bizarre épopée ».

lundi, 17 janvier 2011

Cadavre exquis - Pénélope Bagieu

cadavre-exquis-penelope-bagieu2.jpgJ'avais un peu déserté les rayons BD ces dernières années, mais 2011 promet un retour en force ! Après les Joséphine, je viens donc de m'offrir le petit dernier de Pénélope Bagieu.

L'humour et l'ironie, qui sont vraiment sa marque de fabrique, se font ici plus subtils. Cela m'a d'ailleurs un peu déroutée au départ, j'attendais de retrouver ce que je connaissais d'elle (et de son blog notamment). Mais non, il s'agit bien là d'une création à part entière, avec son existence propre.

L'intrigue se déroule en huis clos, dans l'appartement d'un écrivain en mal d'inspiration. La jolie mais paumée Zoé va lui insuffler la vie qui lui manquait, comme lui même va apporter à la jeune fille la sécurité qui lui faisait défaut. Mais tout n'est pas si simple, et un secret va être dévoilé...

On s'amuse bien à lire ce récit, mais encore plus à le relire en réalité. J'affectionne particulièrement le trait de la dessinatrice, qui exprime tellement sans avoir forcément besoin de mettre des bulles. Elle a le sens de "la situation". Bref, un bon achat, et une bonne BD à ressortir avec un thé les jours de pluie.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans BD, Humour, Policier | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : pénélope bagieu, joséphine, dessinateur, humour, paris, écrivain, bayou, gallimard |

vendredi, 17 décembre 2010

Aya de Yopougon, Tome 6 - Marguerite Abouet et Clément Oubrerie

Aya de Yopougon Tome 6.jpgEt de six ! Marguerite Abouet et Clément Oubrerie viennent de publier le sixième tome des aventures d’Aya, une brillante étudiante en médecine qui vit à Abidjan, dans le quartier populaire de Yopougon.

Comme toujours, j’ai lu cette bande-dessinée avec le sourire aux lèvres, notamment en raison du vocabulaire imagé et décalé du français ivoirien. Entre les termes fraîches gos (ou freshies), pour désigner les « jolies filles », ou encore l’expression ton dos est glacé (« tu te prends pour qui ? »), il y a de quoi y perdre son ivoirien. Que les non initiés ne s’effraient pas : on retrouve un lexique à la fin de chaque volume.

Outre l’humour et le voyage dans l’espace, Aya offre également un voyage dans le temps. Le récit se déroule dans les années 70, une période où il faisait bon vivre en Côte d’Ivoire, le pays étant alors symbole de prospérité et de stabilité. Ainsi, on perçoit entre les bulles une note de nostalgie, loin des affrontements actuels entre les militants de Laurent Gbagbo et ceux d’Alassane Ouattara.

La chronique sociale reste en effet très présente, puisque Aya permet de découvrir le quotidien des ivoiriens à partir de trois points de vue : celui d’Aya et de son entourage, qui n’ont jamais quitté le pays ; celui d’un ivoirien de retour en Côte d’Ivoire, qui tente désespérément d’abuser de la crédulité de certains de ses concitoyens après son « expérience française » ; et celui d’un ivoirien installé à Paris, qui découvre petit à petit que l’Eldorado français n’existe pas.

Enfin, je pense qu’une BD française qui raconte l’Afrique avec un ton aussi juste mérite qu’on s’y attarde quelque peu.

Écrit par Tamara Writes dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marguerite abouet, clément oubrerie, côte d'ivoire, yopoungon, gallimard |

mercredi, 24 novembre 2010

Questions à mon père - Eric Fottorino

eric-fottorino-romanesque-elucide-reel-L-2.jpeg"Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard".

Ce récit émouvant aux larmes (il m'a été difficile de rester stoïque à la lecture de certaines pages) est un long poème dédié à son père par Eric Fottorino. 

Son "vrai père" ? Là est le nœud de sa vie.

Éric a longtemps cru avoir été abandonné à sa naissance par un père trop préoccupé par sa réussite professionnelle (il est accoucheur, quelle ironie). Il avait en réalité été écarté par les parents de sa jeune amie qui ne voulaient pas d'un juif marocain pour gendre. Officiellement de "père inconnu" jusqu'à ses 10 ans, Éric sera adopté par le mari de sa mère, Michel Fottorino, lui-même originaire d'Afrique du Nord et qui lui a ainsi donné un nom, son nom.

De ses 17 ans, où il rencontre Maurice Maman (sic) pour la première fois, à ses cinquante ans aujourd'hui, Eric mesure le gâchis auquel il aura largement contribué. Pendant plus de trente ans, pour lui faire payer cet abandon originel, il l'aura repoussé, renié, nié.

A présent Michel est malade et Eric reçoit en pleine face la bêtise et l'absurdité de son comportement. Il veut rattraper le temps, il court, il veut tout savoir de ses origines, de Mardochée, de Fréha, de Tanger et de cette Oasis du Tafilalet où tout a commencé.   

Ce livre est écrit dans une urgence désespérée, celle de retenir son père à la vie par des questions, en le faisant parler de son histoire.

On le referme un peu chamboulé. Mais aussi reconnaissant de s'être fait rappeler que c'est aussi le rôle des enfants de reconnaître leurs parents.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Biographie, Littérature française | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : eric fottorino, nrf, gallimard, famille, origine |

dimanche, 01 août 2010

Aya de Yopougon met la B.D. au pas ivoirien - Marguerite Abouet et Clément Oubrerie

Aya.jpgEn dépit d’une excellente culture générale, je manque cruellement de connaissances en matière de bande dessinée. Aussi loin que je me souvienne, j’ai du lire deux Tintin et autant d’Astérix. A l’heure actuelle, les trois albums qui ornent les rayons de ma bibliothèque sont des cadeaux offerts au fil du temps. Alors pourquoi avoir acheté et dévoré les trois volumes de Aya de Yopougon ? Sans doute parce qu’il s’agit de l’une des rares bandes dessinées françaises qui mette en scène le quotidien de noirs qui vivent en Afrique.

En effet, Aya (l’héroïne) et ses deux amies vivent à Yopougon, un quartier populaire d’Abidjan. Les aspects de leur vie quotidienne sont croqués dans les détails : sorties, études, soucis financiers, situation de la femme et surtout histoires de cœurs tellement semblables aux nôtres.

Pour ceux qui comme moi connaissent Abidjan, Aya rappellera nombreux souvenirs, car la B.D. traduit littéralement l’atmosphère de la cité ivoirienne. Les autres découvriront une population hétéroclite, avec ses codes, ses us et coutumes et ses tournures linguistiques bien typiques. Sans oublier les mille et unes expressions de l’humour ivoirien : les situations les plus rocambolesques s’enchaînent sans relâche.

A la fin de chaque ouvrage, l’auteur a ajouté un « Bonus ivoirien ». Ces quelques pages contiennent un lexique, des recettes de cuisine et des conseils très précieux : comment nouer son pagne, bien rouler des fesses ou encore mettre son enfant au dos.

Finalement, de Paris à Yopougon, il n’y a pas de grande différence hormis la couleur de peau.

Aya de Yopoungon, de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, Gallimard (volumes 1 à 5)

Écrit par Tamara Writes dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : b.d., bande dessinée, clément oubrerie, côte d'ivoire, marguerite abouet, gallimard |

 
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