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vendredi, 19 août 2011

Lectures de notre adolescence - Journal d'Anne Frank et Des cornichons au chocolat de Philippe Labro

Difficile de se rappeler les premières « vraies » lectures, les marquantes, celles qui, à un âge où les livres ne sont souvent pas une priorité (en tout cas moins que d’aller au Etam du Forum des Halles ou de boire un café - avec six sucres - pour huit pendant trois heures…). Et pourtant, il me semble que ce sont elles qui réveilleront plus tard l’envie de lire, pour retrouver cette sensation de plaisir au fur et à mesure que se tournent les pages d’un livre que l’on se surprend à aimer.

Deux livres ont principalement marqué mes années de collège, deux livres qui forment une sorte de grand écart littéraire, et qui ont teinté mes goûts, pour toujours probablement.

anne frank,philippe labro,le livre de poche,adolescence,émois,guerre,famille,filleAnne Frank évidemment, dont le Journal m’a à la fois bouleversée et fascinée : la vie d’une jeune fille de treize ans, comme moi à l’époque, avec des préoccupations comparables aux miennes (l’avenir, les garçons, les copines, le cercle familial…) mais dans un univers tellement éloigné et incompréhensible pour l’adolescente que j’étais (la guerre, l’étoile jaune, le confinement à l’Annexe pendant des années, le nazisme, la délation, la déportation et la mort à 15 ans au camp de Bergen-Belsen, trois mois seulement avant sa libération). C’est certainement grâce à Anne Frank que j’ai lu Si c’est un homme, Vichy un passé qui ne passe pas ou plus récemment Les Bienveillantes. Et quelle émotion lorsque je suis allée visiter la cachette de la famille Frank à Amsterdam !

anne frank,philippe labro,le livre de poche,adolescence,émois,guerre,famille,filleA l’autre bout de l’échiquier, on trouve Des Cornichons au chocolat de Philippe Labro, où l’histoire de Stéphanie, 13 ans aussi, de son chat Garfunkel (en hommage, évidemment, au duo partiellement éponyme que je vénérais déjà), des premières boums, des premières règles, des premiers flirts, des premières engueulades avec les parents, des premières menaces de divorce… Beaucoup plus proche de moi qu’Anne Frank, je lisais son quotidien nettement plus déluré que le mien avec un plaisir un peu coupable… Et c’est probablement Des Cornichons au chocolat qui m’ont rapidement conduite à lire des livres tels que L’Herbe bleue, Moi Christiane F., 13 ans droguée, prostituée et puis, plus tard, Les Chroniques de San Francisco.

 

lundi, 15 août 2011

Lectures de notre adolescence- La Bicyclette bleue de Régine Déforges

Pour la jeune fille que j'étais, La Bicyclette bleue symbolisait le summum de la littérature érotique (et oui, il en faut peu pour émoustiller une innocente). Je rêvais d'épouser un homme aussi viril que François Tavernier, tout en enviant la sensualité de Léa et son appétit pour la chair (tout mon contraire). Inutile de dire que j'ai lu tous les tomes de cette saga de Régine Déforges.

LA BICYCLETTE BLEUE FAYARD.gif

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : régine déforges, fayard, guerre, amour, passion, famille |

lundi, 18 avril 2011

Les cerfs-volants de Kaboul - Khaled Hosseini

kaboul.jpgLes personnages de ce roman se sont invités chez moi pour ne plus en partir. Plusieurs semaines après avoir refermé le livre, je pense encore souvent à eux.

Je pense à leur courage, à leurs souffrances, à leurs remords. De Kaboul dans les années 70 à San Francisco dans les années 2000, Khaled Hosseini nous fait vivre à leurs côtés : on les côtoie au temps béni de leur enfance dans un quartier tranquille de Kaboul, pendant l'invasion russe puis sous la barbarie des taliban, et enfin dans leur fuite aux Etats-Unis.

On accompagne Amir dans son exil américain, pour ensuite revenir avec lui vingt ans plus tard à Kaboul, où il doit faire face à son passé lourd de trop de secrets. Hassan, lui, était resté vivre en Afghanistan, et son destin aura été différent. Mais aurait-il dû l'être ? Pourquoi ces inséparables amis, frères de lait, se sont-ils éloignés l'un de l'autre ?

Ce roman magnifique mais très dur se penche sur le poids de la famille et de ses non-dits, sur la difficulté de grandir avec la culpabilité, et pose aussi la question du courage et de la trahison quand on n'est qu'un enfant.

On m'avait prévenue que certaines pages étaient particulièrement dures, mais il vaut la peine de surmonter son appréhension.

Comme dans Le monde selon Fawad de Andrea Busfield, je me suis imprégnée des descriptions des paysages, des senteurs, des fêtes afghanes, mais malheureusement aussi de la guerre et de ses horreurs. Les héros de ces deux romans sont d'ailleurs tous trois des jeunes garçons et ils se sont fait écho dans mon esprit.

Ce livre m'avait été recommandé par de nombreuses personnes et je les en remercie. A présent, j'ai très envie de lire le deuxième roman de Khaled Hosseini, Mille soleils splendides (il parait qu'il est encore plus réussi, ça promet !).

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : khaled hosseini, andrea busfield, afghanistan, enfance, etats-unis, san francisco, kaboul, guerre, taliban |

lundi, 07 mars 2011

Le monde selon Fawad - Andrea Busfield

Fawad.jpgL'Afghanistan d'aujourd'hui n'est pas vraiment un terrain de jeu idéal pour un garçon de onze ans. Mais Fawad est lumineux, espiègle, courageux. Il traverse les épreuves avec intelligence.

Ce roman est son histoire pendant un peu plus d'un an. Il y passe de la plus extrême pauvreté au confort d'une maison d'expatriés occidentaux, où sa maman devient cuisinière. J'ai été touchée par cette histoire, entre survie et espoir. Et par son style, direct.

Fawad porte sur le monde et ses étranges nouveaux amis un regard étonné, tantôt amusé, tantôt désespéré. Il nous ouvre son univers : sa famille endeuillée par la guerre, ses cousins et leurs petits business, ses amis de la rue et bien sûr, les occidentaux (ONG, médecin, journaliste...) qui l'ont pris sous leur aile. On y croise aussi un chef de guerre afghan, des taliban. On voyage entre Kaboul et Jalalabad, en passant par Shinwar.  

Pas de manichéisme ici et pas de simplification à outrance, Andrea Busfield dresse un portrait contrasté d'un pays déchiré. On plonge dans une culture très riche et codifiée, dans un univers qui n'est finalement pas si lointain.

On m'a aussi beaucoup parlé des Cerfs volants de Kaboul de Khaled Hosseini alors je crois que je vais entamer un cycle afghan !

Merci à Florence de m'avoir prêté ce livre inattendu.

Écrit par Marie-Adélaïde Gervis dans Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : andrea busfield, pocket, afghanistan, jeunesse, enfance, guerre |

vendredi, 18 février 2011

Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Cercle littéraire des amateurs epluchures patates.gif.jpegUn roman désuet mais savoureux avec lequel je me suis délectée pendant une semaine !

Merci à Anne et Manon de m'avoir conseillé ce livre, que je me suis empressée d'emprunter à la bibliothèque. L'avantage de la bibliothèque, c'est que j'ai hérité d'un livre abimé, un peu passé, qui m'a tout de suite mise dans l'ambiance.

C'est une correspondance charmante et pleine d'esprit, qui nous embarque dans les années d'après guerre à Londres et à Guernesey. On lit les lettres échangées entre Juliet Ashton, écrivaine londonienne, son éditeur, sa meilleure amie, et une flopée d'habitants de l'île de Guernesey. On y découvre la vie quotidienne pendant et après la guerre dans une parcelle rurale de la Grande-Bretagne qui a beaucoup souffert. On oublie en effet souvent que les îles anglo-normandes ont subi l'occupation nazie. 

Je n'avais pas lu de roman épistolaire depuis... Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, et c'est un vrai plaisir de découvrir ces échanges alternativement drôles, pathétiques, terriblement tristes ou spirituels.

Monsieur-mon-mari est en train de le lire (vite, il faut le rendre à la bibliothèque après-demain !) et au début il trouvait que c'était plutôt un livre pour nana (mais que diable veut-il dire par là ?). Mais maintenant il est totalement pris. Je suis ravie !

PS : rétablissons la vérité ! Le véritable nom du Cercle est : "le cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey".

 
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