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vendredi, 11 février 2011

Purge – Sofi Oksanen

Purge.jpgJe dois l'avouer d'emblée : c'est parce que plusieurs magazines féminins indiquaient que « Si l'on devait n'en lire qu'un cette année, ce serait celui-là » (il a reçu le prix Fémina « Etranger » 2010) que j'ai poussé la porte d'une librairie du boulevard Saint-Germain ce midi-là. Ensuite, c'est parce que la quatrième de couverture promettait une histoire sombre et glauque que je me suis présentée à la caisse avec ce livre à la couverture rose entre les mains. Et c'est là que les commentaires facétieux s'arrêtent. En effet, Purge n'est ni drôle, ni gai, ni léger. C'est même tout le contraire.

Purge, c'est l'histoire croisée de deux destins entremêlés, ceux de deux femmes estoniennes, Aliide et Zara. L'une est vielle, l'autre est jeune, mais toutes deux reviennent des confins de l'horreur, et se battent quotidiennement pour vivre avec. Qu'elle s'appelle nazisme, impérialisme, communisme ou totalitarisme, cette horreur a cassé, brisé et piétiné ces deux vies qui pourtant continuent, ni vraiment pareilles, ni tout à fait différentes, entre courage et rédemption, résignation et indignation.

Purge, c'est cinquante ans d'histoire et d'Histoire, cinquante ans de terreur, de tortures, d'exactions, de trahisons inacceptables et de secrets de famille inavouables. Attention cependant : Purge n'est ni de près, ni de loin, un roman historique, mais bel et bien un récit prenant, témoignant d'un dosage subtil entre pudeur et témoignage, entre atrocités et soulagements, entre désir de mourir et capacité à vivre. Toutefois, il s'agit aussi d'une fiction inspirée par des évènements bien réels, qui se sont passés il n'y a pas si longtemps, pas si loin, et dont la littérature (en tout cas celle que je lis) se fait assez peu l'écho.

Mais Purge c'est aussi un style narratif maîtrisé qui, à coups de phrases courtes et sèches, conduit le lecteur à assister à un huis-clos étouffant, à lire des lettres tenues si longtemps secrètes, à vivre des flashbacks insoutenables.

Sans moralisation ni jugement, la jeune Sofi Oksanen livre ici un récit puissant, dérangeant mais incontournable.

mardi, 09 novembre 2010

Millefeuille de onze ans - Isabelle Jarry

Millefeuille de onze ans.jpg« Tout individu connait sa révélation et rencontre tôt au tard le livre qui lui montre le chemin (…). Tout alors devient clair, et l’on voit distinctement le chemin à suivre, on est appelé, aspiré par cette nouvelle voie qui s’ouvre à nous, radieuse et engageante comme un sentier gravissant une montagne de diamant jusqu’au sommet brillant de mille feux étincelants ».

A onze ans, Isabelle Jarry ne sait pas encore qu’elle deviendra écrivain. C’est pourtant à partir de son entrée en sixième que la petite parisienne commence inconsciemment à poser les jalons de ce qui deviendra sa future profession.

L’auteure raconte la naissance d’un écrivain, telle la transformation d’une chrysalide en papillon : le désintérêt pour les sujets qui passionnent les filles de son âge, les journées passées à la bibliothèque, l’amour du grec et du latin, la lecture du moindre ouvrage, les mille feuilles de carnets noircies de textes sans intérêt, les heures de contemplation de la nature et des hommes …

Bien que le récit ressemble plus à une compilation de souvenirs de son année scolaire, plutôt qu’à une histoire chronologique, le texte est indéniablement touchant. L’adulte porte un regard ému sur l’enfant qu’elle était, la remerciant de lui avoir permis de devenir un écrivain reconnu.

Écrit par Tamara Writes dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : isabelle jarry, stock, folio, écrivain, écriture, paris |

 
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